En Casamance, la question de parité ne se posera jamais !

En Casamance, la question de la parité en politique ne se posera jamais tant que les traditions Ajamaat sont encore vivaces. Les explorateurs au 19e siècle l’avaient déjà constaté, que la Femme Ajamaat:

vivait une situation qui était à l’encontre  de ce qui se voit dans les races plus ou moins influencées par l’Islam où le sexe faible est plutôt esclave, l’épouse diola conserve toutes les prérogatives de la femme libre. (pères spiritains cf. HAC, novembre 2011).

Alors qu’est-ce qui empêche à tous ceux qui revendiquent une parité sur les listes électorales d’évoquer la liberté historique de la Femme [Ajamaat] pour démontrer qu’elle n’a jamais était considérée comme une citoyenne de seconde zone dans la société africaine (en général).

A propos d’ailleurs de ceux qui trouvent refuge sur l’amalgame « statut spécial Touba ou Casamance », il serait plus sérieux pour  nous de dire aux fils de la Casamance de ne pas tomber dans le piège de la facilité et d’exploiter stratégiquement la nouvelle donne qui s’impose aux Sénégalais.

LerevezigEn effet, et pour revenir sur le début de notre propos, les Casamançais n’ont aucun problème avec la question de parité du fait qu’ils sont à un stade supérieur: l’équité.

Nous en avons comme preuve que notre chère sœur, Ami Angélique Manga voulait être mairesse de Ziguinchor. Mais malheureusement, nous connaissons la suite: c’est le système politique vautré dans un complexe du sud qui sanctionna la jeune femme. Tandis que les féministes se sont peu indignées de son cas préférant occulter le fait que les femmes ont toujours étaient les vraies héroïnes de la Casamance.

Dès lors, il faut renvoyer les pro- et anti- ligne Touba à l’équation de leurs turpitudes politiques et qu’ils ne prennent pas la « crise de la République sénégalaise en Casamance » (Atépa) comme prétexte pour défendre leurs causes sans rebelles dignes de ce nom.

Conséquemment, ce que nous autres Casamançais pourrions attendre du régime actuel, c’est de lui exiger de permettre entre autres à Ami Angélique Manga d’être candidate à la Mairie de Ziguinchor, la Capitale de la Casamance. Nous voulons bien avoir une mairesse en ce siècle pour les FEMMES !

Et quant au statut spécial de la Casamance, il va s’en dire que:
primo, il faut s’adresser au MFDC et voir ce qu’il en pense réellement au-lieu de résumer sa lutte pour l’indépendance en une simple quête de particularisme;
secundo, les Casamançais quant à eux n’ont aucun problème avec Touba dont l’histoire coïncide avec celle de la Casamance sous la résistance d’Aline Sitoé Diatta bien après les résistances menées par d’autres femmes comme Alan-Diso Bassène; et ils attendent de l’Etat du Sénégal une meilleure maîtrise de leurs cultures qui ne sauraient être rabaissées à un simple critère moderniste sur le genre alors que l’équité homme/femme y est déjà une réalité intrinsèque;
tertio, enfin s’il revenait plutôt aux Casamançais de revendiquer quoi que se soit, c’est d’être libre de s’opposer à un système injuste comme le fait si bien Touba et bien d’autres lieux saints confrériques quand leurs intérêts sont menacés. Il ne faudrait pas de demi-mesure dans l’application des droits humains, les Casamançais se savent surveiller, menacer, obliger de vivre dans la peur et incapables de s’exprimer librement sur leurs situations sans être contraints de se cacher…

Mais toute chose à un début et une fin, et nous attendons de voir quelle sera l’issue de cette polémique qui n’est pas sans intérêt pour les Casamançais.

Wait and see, comme diraient nos amis anglophones !

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