Démocratie en Afrique: un merci aux « ambassadeurs de la démocratie »

Quand on fait l’anniversaire de l’alternance politique au Sénégal, on n’oublie souvent d’évoquer le travail d’amont abattu par les diplomatiques occidentaux dans les années 1990. N’est-ce pas qu’ils sont bien plus méritants que ceux que nous avons sous l’ère Sarkozy, Obama et autres Cameron ?

En effet, la fin de la guerre idéologiquement froide a occasionné l’arrivée en Afrique de l’Ouest d’Ambassadeurs de la paix et de la démocratie respectant la souveraineté des peuples africains.

Ainsi, dans la décennie 1990 – 2000, l’Afrique de l’Ouest (pour nous limiter à elle sans nous enfermer dans l’alternance sénégalaise) a vu l’arrivée de diplomates visionnaires qui ont réellement jeté les embryons de la démocratie qui allait occasionner la tenue d’élections libres malgré quelques défaillances.
Par exemple :

– En 1994, la Guinée Bissau tenait ses premières élections présidentielles et législatives multipartites. Ensuite, et malgré la guerre civile de 1998 (1999), le Pays connaîtra une alternance politique après la victoire de l’opposition avec Kumba Yalla en février 2000;

– C’est aussi en 2000 que l’opposant Abdoulaye Wade est élu démocratiquement président de la République du Sénégal, une élection qui venait confirmer une logique amorcée à partir des années 1990 comme nous le disions. On aurait regardé au large de la presqu’île du Cap-Vert (Dakar) on aurait constaté la même réalité ;

– En effet, en février 1991, le candidat António Mascarenhas Monteiro, candidat du Mouvement pour la démocratie initia l’alternance sur les îles du Cap-Vert cette fois-ci en remportant les élections présidentielles.

Même sur le plan militaire, on a assisté à des coups-d’Etat contre d’anciens régimes et qui ont conduit à des transitions politiques et parfois même sans effusion de sang :

– Tel est le cas d’exemple qu’offre le Mali en 1991, où on a vu l’arrivée du général Amadou Toumani Touré qui instaura des élections démocratiques remportées par le candidat Alpha Oumar Konaré en 1992.

– Quid du cas de la Gambie qui est tout aussi intéressant. Car, c’est en 1994 qu’un jeune lieutenant, en l’occurrence Yayah Jammeh allait démettre le président Daouda Diawara. Profitant de l’appui que le peuple lui apportait, le président Jammeh rejoignait la vie civile et créa son parti l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction et réussi à se faire élire au suffrage universel en 1996.

Les « Ambassadeurs de la Démocratie », sont bien ces diplomates des années 1990. Qu’ils soient Britanniques, Américains ou Français pour ne pas les citer nommément; ils ont oeuvré comme les faits le prouvent à la mise en place d’un multipartisme et d’une opposition responsables qui contribuèrent à des élections démocratiques et paisibles.

Aussi bien en Gambie, au Cap-Vert, au Sénégal, au Mali qu’en Guinée-Bissau, nous regretterons aujourd’hui ces pionniers et pionnières (leurs femmes bien évidemment sont ici concernées) dans la construction d’institutions souveraines en Afrique de l’Ouest.

Dommage que depuis quelques années, nous constatons un recul net de la démocratie dans cette Afrique de l’ouest. Les diplomates de ces dernières années ne devraient-ils pas voir par là une conséquence de leurs passages dans ces pays, monsieur Ruffin ?

Update: 22 mars 2012 -Titre initial-Alternance du 19 mars: un merci aux « ambassadeurs de la démocratie » (Voir Instabilité en Libye égale instabilité dans le Sahel: cas du Mali)

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