Casamance: l’armée sénégalaise interpelle des jeunes de Sédhiou qu’on ne retrouve plus

Simbandi Brassou (Sédhiou, Casamance): Quatre jeunes portés disparu, l’armée indexée.

Cette affaire remonte à mardi dernier (28 février 2012, ndlr) selon les villageois, date à laquelle la disparition des quatre jeunes de Madina Peulh est constatée dans la communauté rurale de Simbandi Balante dans le sud de la région de Sédhiou non loin de la frontière avec la Guinée Bissau.

Youssoupha Kâ, Yoro M’ballo, Lansana Cissé et Amadou Baldé dont la moyenne d’âge est de dix-sept ans n’ont jusqu’ici pas repris le chemin de leur foyer d’origine.

Le chef de village de Madina Peulh, Seydou Diamanka présume qu’ils ont été tués par des forces de sécurité sénégalaise qui les ont interpelés ce jour là : « ce sont deux jeunes qui sont allés raccompagner leurs frères devant se rendre à Ziguinchor. Ils se sont dans un premier temps rendus au quai de Simbandi Brassou pour récupérer leurs pièces de monnaie et c’est en ce moment qu’ils ont été interpelés par des soldats. Ils ont été brimés puis conduits vers une destination inconnue », déclare le chef de village entouré de sa famille en pleurs.

Et d’ajouter «j’ai fait des pieds et des mains entre les postes militaires et la gendarmerie sans jamais parvenir à avoir les traces de ces enfants qui habitent chez moi. Des parents sont venus de partout même de la Guinée Bissau voisine et tout le monde est inquiet ».

Bouba Diamanka et Abdoulaye Baldé tous habitants du village attestent avoir eu des confirmations faisant état de la déportation des quatre jeunes en des lieux inconnus.

Le commandement de la gendarmerie dans la zone que nous avons contacté dit ne pas être informé de la situation, un officier joint dans le secteur refuse d’en parler et nous renvoie à la hiérarchie.

Du côté de la zone militaire N°6, impossible d’en savoir plus. Au quatrième jour de leur disparition, chacun y va de ses commentaires. A rappeler que cette zone du Balantacounda a rechuté depuis quelques mois dans une spirale de violence plongeant les habitants dans une profonde psychose quasi permanente.

Source: Sud Quotidien

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