A. Ouattara en action pour « sauver » la démocratie au Sénégal

Le président Obasanjo, ancien président du Nigeria, est l’envoyé du nouveau chef de la CEDEAO le président Alassane Ouattara. Il est au Sénégal dans le cadre d’observation des élections présidentielles et en sa qualité de chef de mission CEDEAO et UA conjointement.

Aussi aurait-il rencontré « les acteurs politiques et les organisations de défense des droits humains, de la société civile » (voir liste plus loin). Parmi les politiciens, la presse nous apprend qu’il a rencontré Cheikh Tidiane Gadio l’ex Ministre des Affaires Etrangères (détient le record de longévité au MAE) du Sénégal sous Abdoulaye Wade, Moustapha Niasse ancien socialiste et le premier a occupé le poste de Premier Ministre en 2000 sous Wade, Idrissa Seck autre Premier Ministre d’Abdoulaye souvent reconnu comme l’héritier de Wade étant son directeur de Campagne à la veille de l’Alternance. Dans le cercle de la société civile, mouvement politique (M23) et organisation de défense des droits de l’homme, il aurait aussi rencontré l’incontournable Alioune Tine et sa délégation satellitaire autour de la Raddho.

Tel est l’aperçu de ceux qui composent aujourd’hui l’opposition radicale sénégalaise qui a pour programme politique le départ de Wade en organisant des manifestations sur la capitale Dakar tandis que Wade est en train de sillonner tout le pays.

Parmi les candidats qui sont allés à la recherche des voix du peuple, on retrouve Macky Sall autre premier ministre sous Wade. Et aussi, le très républicain candidat socialiste, j’ai nommé Ousmane Tanor Dieng un homme qu’on découvre de plus en plus autrement. Il y a aussi toute une panoplie de « petits candidats » qui ont déserté la capitale pour aller rencontrer le Sénégal.

Pour la précision, il y a plus de candidats qui se préparent pour le 26 février 2012 que d’opposants qui veulent tout simplement saboter la bonne marche de ce scrutin. Ce sont ceux-là avec bien évidemment le M23 dont on ne sait pas trop quel est son rôle, qui sont allés à la rencontre de l’envoyé du Président Alassane Ouattara de la CEDEAO.

Après deux semaines de tentatives de perturbation des élections présidentielles, les adversaires de Wade proposent désormais deux solutions de sorties. Parmi les leaders au sein du M23, certains veulent que la date des élections soit repoussée, tandis que d’autres maintiennent l’idée d’une élection présidentielle sans Abdoulaye Wade.

On apprend ainsi que Monsieur Moustapha Niasse, « candidat de la coalition Bennoo Siggil Senegal (Bss), estime que la première condition d’une solution de paix au Sénégal est le retrait de la candidature de Me Wade. »

Il faut dire qu’en réalité, Monsieur Niasse avait arrêté sa campagne présidentielle le 15 février 2012. Le candidat de la coalition BSS s’était pourtant lancé dans cette campagne contre Wade après le choix de Macky Sall d’aller présenter son programme au peuple sénégalais, semant ainsi la confusion au sein du M23.
Niasse a donc trouvé un parfait alibi pour ne pas aller rencontrer les sénégalais pour sa propagande suite à un accident de la circulation survenu au sein de son équipe. Il reviendra timidement dans le peloton laissant ce sentiment qu’ils sont entrain de jeter inutilement l’argent par la fenêtre avec un discours à la limite du pessimisme pour ceux qui courent derrière Wade.

Là où le candidat du BSS demande une présidentielle sans Wade, les autres opposants au sein du M23 (qui selon la loi électorale est dans l’illégalité totale – nous y reviendrons, car faire campagne avec le M23 est illégal et Ousmane Ngom fait bien son travail) dont Idrissa Seck seraient partant pour le maintien de la date des élections tandis que Ibrahima Fall et autres Cheikh Bamba Dièye opteraient pour un report sans pour autant exclure l’idée d’aller en découvre dans les urnes avec Me Wade.

Quant à monsieur Alioune Tine qui est le cerveau du M23 et en même temps président de la Rencontre africaine de défense des droits de l’Homme (Raddho), les conditions d’un scrutin libre et transparent ne sont plus réunies pour dimanche prochain, « à cause de la situation tendue dans le pays, mais aussi à cause de l’incapacité de la Commission électorale nationale autonome (Cena) de faire appliquer la loi électorale, en tant qu’organe de supervision des élections».

Monsieur Tine qui n’est pas candidat aux présidentielles, lui qui a créé l’unité factice d’une opposition contre la candidature de Wade à travers le M23, voudrait que son M23 ait les mêmes prérogatives que tout parti politique reconnu par le Conseil Constitutionnel. Aussi a-t-il le courage de dire que «la loi électorale qui autorise tout candidat à mener sa campagne partout au Sénégal est violée par le préfet et le ministre de l’Intérieur qui interdisent toute manifestation à la place de l’indépendance. Des candidats à la Présidentielle du 26 février 2012 ne peuvent même pas mener leur campagne à Sandaga où il y a du monde sans recevoir des décharges de gaz lacrymogènes ou bien voir leurs militants tabassés ou pourchassés comme des chiens par la police. »

Nous reviendrons sur cette question complexe de la légalité de faire campagne sous l’habit du M23 qui n’est pas reconnu comme parti politique et non plus comme coalition de partis politiques. Peut-on se permettre de se cacher derrière des partis politiques reconnus pour faire de la propagande anti-candidature de Wade et en utilisant les médias en pleine campagne électorale ?

Dans une telle cacophonie, on se demande qu’est-ce que veut réellement l’opposition sénégalaise. Des élections sans Wade ou le report des élections et pour quelles raisons ?
Si report des élections il y a, faut-il alors changer le Conseil Constitutionnel pour ne pas avoir Wade et par quel subterfuge ?

Quoi qu’il en soit, nous allons vers des élections le 26 février 2012 que Wade risque de remporter dès le premier tour non pas parce qu’il aurait fraudé (ce qui n’est pas exclu quand on sait que Macky Sall actuel candidat avait usé de la force pour faire voter ses militants) mais parce que l’opposition s’était mal préparé comme en 2007.

En plus monsieur O. Obansanjo mène avant tout une mission « d’observation en vue d’un scrutin libre, équitable et transparent » et face à la situation pré-électorale imposée par le M23, il a été commissionné par Alassane Ouattara le nouvel homme fort de la CEDEAO à mener «une mission de paix en vue de l’apaisement politique et social que le peuple du Sénégal appelle de tous ces vœux».
Voilà comment le président ivoirien commence à redorer son blason !!!

Pour le natif de la terre casamançaise, issu de la culture ajamaat même si elle n’est pas parfaite et qu’il ne soit pas parfait non plus ; certains comportements au nom de la démocratie semblent inacceptables.
Il faut que les politiciens cessent de prendre les gens pour des imbéciles. Tout ce qui se passe actuellement au Sénégal concourt à démontrer que la démocratie est un vil mot qui n’a aucun sens en Afrique. Les Africains doivent chercher les traces perdues de leurs institutions anciennes et voir comment ils peuvent les exploiter.

Liste des personnalités à rencontrer (22 février 2012) : M. Cheikh Tidiane Gadio, M. Moustapha Niasse (BSS), M. Idrissa Seck (Rewmi), M. Ibrahima Fall (Taxaw Temm), M. Cheikh Bamba Dieye (FSDBJ) et M. Abdoulaye Wade (PDS), M. Doudou Ndir, Maitre Madické Niang (ministre des Affaires étrangères), Mouvement du 23 juin (M23) & «Y’en a marre». (jeudi 23 février) Chef de mission d’observation électorale de l’UEMOA, Ousmane Tanor Dieng (PS), M. Cheikh Tidiane Diakhaté, le Président du Conseil Constitutionnel, M. Ahmed Khalifa Niasse (chef religieux), M. Youssou Ndour (candidat non reconnu), M. Mor Dieng, (candidat indépendant), le Groupe des ambassadeurs des pays de la CEDEAO.

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