On peut toujours regretter comme Juppé… mais on se doit de respecter les règles du jeu

J’aurai pu rester tranquilos dans mon coin et savourer les instants tragiques de ce qui se passe au Sénégal. Mais je refuse de m’asseoir sur mes idéaux, de prôner le respect des institutions africaines et en même temps accepter ce qui arrive au Sénégal sous prétexte que Wade mérite ce qui lui arrive, lui qui a ouvertement participé à l’entrave des mêmes institutions africaines aussi bien en Côte d’Ivoire comme en Libye.

Ce qui m’amène à commenter la dernière sortie (1 février 2012) du premier diplomate français.

« Nous avons regretté que certaines sensibilités ne soient pas représentées. Nous avons même souhaité que le passage de générations soit organisé », dixit Alain Juppé devant les députés français (Le Monde/seneweb/L’Obs…)

Est-ce là encore une énième leçon de démocratie: le passage du pouvoir à une autre génération…chiche !

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
Va-t-il falloir demander à Corneille quel est la moyenne d’âge des candidats à cette présidentielle et pourquoi s’en prendre uniquement à la vieillesse de Wade ?
D’ailleurs, n’a-t-on pas vu comment une « jeune génération » de politiciens a précipité le départ d’un président gaulliste à coup de sondages et d’insultes pour ensuite constater que les Français ont dans le majorité regretté le vieux président au détriment du nouveau venu, trop bling-bling, immature, voire anormal à leur goût.

En plus, de quelle sensibilité parle monsieur Juppé qui ne cesse de se transformer en mauvais politique ?
Ironiquement d’ailleurs, les institutions françaises donnent-elles la même chance à toutes les sensibilités politiques en France ? Nous voudrions bien savoir ce qu’en pense Madame Marine Lepen ?

Figurez-vous qu’Abdoulaye Wade président du Sénégal aurait bien pu lui répondre que lui aussi, « il regrette que certaines sensibilités ne soient pas représentées à l’Assemblée Nationale française » où monsieur Juppé a sorti ces mots. Démocratie quand tu nous tiens !

Quoi qu’il en soit, ce qui arrive a Wade n’est que fatalité « prévisible » et rien n’interdit de dire qu’il mérite ce qui lui arrive ces jours-ci. Nonobstant, n’allons pas croire que c’est la rue qui fera partir Wade. C’est ignorer « l’histoire authentique du Sénégal » (clin d’oeil à « l’Histoire authentique de la Casamance »).

Depuis le 11e siècle, toute révolution dans le « Siin-Ghana » a son « al murabitun (avec ses disciples) ». Sans cette « institution hybride » à la fois spirituelle et temporelle, il sera extrêmement difficile aux intellectuels marxistes et autres chanteurs de rap de changer quoi que ce soit dans ce Sénégal (suivez mon regard sur toute la ligne) .
bet ya !

Publicités
Galerie | Cet article a été publié dans Afrique / Monde, Senegambiana. Ajoutez ce permalien à vos favoris.