L’historien Mamadou Diouf est-il devenu autolâtre ? – 1

Arès le discours stupide du président Nicolas Sarkozy à Cheikh Anta Diop, voici qu’un autre assimilé de la colonisation française (il est né français de Saint-Louis), j’ai nommé Mamadou Diouf historien à l’Université Columbia, s’en prend à une autre grande figure de l’histoire africaine Amadou Hampathé Ba.

Pour être honnête avec moi-même, il me semble que la comparaison entre les deux hommes à propos de leurs visions de l’Afrique s’arrête là. Pourquoi?
Eh bien pour la peine, je vais vous rappeler qu’en ce qui concerne le fameux « discours de Dakar », le professeur Mamadou Diouf avait alors répondu à la question suivante, « Les Africains ne doivent-ils pas oublier la France ? En tout cas celle de Sarkozy ? », en ces termes :

Il est temps pour les Africains d’oublier l’Europe pour s’offrir le monde. Il est temps d’échapper aux logiques réactives pour se perdre dans les dédales dans un monde qui se réinvente sous nos yeux et avec notre contribution. Il est plus que temps de nous aimer pour devenir une communauté libre et démocratique, prête à tous les sacrifices. Le respect ne se gagne pas par la parole mais les actes. Il est temps de suivre avec confidence et bonheur la leçon de Toni Morrison déclarant : je n’écris pas pour expliquer le monde des noirs aux blancs, j’écris d’abord pour ma communauté. Il est plus que temps d’entretenir une conversation indigène pour les indigènes en se souciant de la seule reconnaissance qui vaille, celle de notre communauté d’abord et des hommes et femmes épris de paix et de justice. N’est-il pas venu le temps de suivre la voie tracée par Franz Fanon dont Sartre disait, dans la préface aux Damnés de la Terre qu’il se souciait de parler de l’Occident et des Occidentaux, sans s’adresser à eux. Fanon s’adressait à ses frères et soeurs de combat. Réapprendre la parole libre, enjouée et forte et si aérienne d’Aimé Césaire, de Franz Fanon et de Toni Morrison pour vivre libre. (Sud Quotidien, 17 Août 2007.)

Voilà comment il réagissait à l’époque pour critiquer ledit discours du président Sarkozy. Quelle surprise de lire dans la presse sa dernière sortie qui est plus que choquante pour toute l’Afrique.
En effet, dans la même presse sénégalais du 10 janvier 2012 (5 ans plus tard), suite à une interview réalisée par des journalistes d’organes de presse comme Sud Quotidien, Le Populaire et l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), le même Mamadou Diouf, professeur d’histoire à Columbia University (USA) fait les Unes suivantes: «En Afrique, si on ne change pas les mentalités, on n’avancera pas» (voir Sudonline, 2012-01-10) ou « Les femmes invitées à se construire un savoir valorisant leur travail » pour l’APS, tandis que le Populaire s’empresse d’écrire que « l’historien Mamadou Diouf recadre l’écrivain Amadou Hampathé Ba : La plus grosse bêtise qui est jamais sortie en Afrique, c’est de dire qu’en Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle» (en ligne -Mardi 17 Janvier 2012 repris par seneweb).

Ce ne sont là que les titres. Mais de quoi s’agit-il enfin, car nombreux sont ceux qui se sont contentés de morceaux choisis ?
Certes, il s’agit du même entretien dans la presse sénégalaise. Mais, le but de l’interview étant de rapporter ce que dit l’interviewé, il nous semble adéquat de prendre en compte la totalité du dialogue au lieu de se focaliser sur les titres. On peut ainsi constater que seul Sud Quotidien a donné l’intégralité de cet échange (les autres ayant préféré de faire ce qu’ils en voulaient) où nous avons retrouvé les mots irrespectueux de Mamadou Diouf contre Amadou Hampathé Ba, alors qu’il se préparait pour un « atelier régional de partage des résultats de recherche du projet sur la participation politique des jeunes femmes d’Afrique de l’Ouest francophone ».

Parlant de l’intérêt qu’il portait « à la participation politique des femmes en Afrique de l’Ouest francophone »,  qui serait double touchant à la fois des « questions liées à la génération », « fondamentalement déterminé par le genre » et à la problématique du « déficit démocratique africain »; mais aussi « très fortement lié à l’absence de la participation citoyenne des femmes » qui selon lui tant qu’elle « ne sera pas respectée, les sociétés africaines arriveront très difficilement à promouvoir la démocratie ». Le professeur Mamadou Diouf fut amené donc à parler plus largement de sa contribution du jour qui allait porter sur « la stratification culturelle de (notre = la)  société (sénégalaise) ».

Mamadou Diouf allait montrer que « la question fondamentale en Afrique n’est pas du tout liée de manière exclusive aux conditions dans lesquelles les relations de genre sont organisées. Ce sont des questions culturelles », qu’il fallait changer les mentalités en Afrique, règler notre rapport avec notre tradition, sinon « on n’avancera pas » (Ouff, le discours de Sarkozy n’est pas loin… Surtout qu’il ajoute:) Il faut donc une « grande révolution mentale qui est la révolution mentale des hommes et des femmes, parce que quelque fois les femmes portent l’ordre patriarcat plus fortement que les hommes contrairement à ce que l’on croit. »

Quand on demande à l’historien et spécialiste en sciences sociales entre autres (si): « cela présuppose-t-il un chamboulement total de notre ordre social ? », Mamadou Diouf répond :

Mais c’est cela qui fait avancer une société. C’est sa capacité à s’adapter, à changer. C’est pour ça que la plus grosse bêtise qui ait jamais été sortie en Afrique, c’est  «En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle». C’est une bêtise.

(A la question des journalistes qui l’invitent assez pertinemment) Comment est-ce une bêtise ? Elaborez s’il vous plaît… Diouf de répondre:

Parce qu’on ne peut pas compter sur le pouvoir gérontocratique pour penser le futur. C’est aussi simple que ça. Pourquoi quelqu’un qui va mourir va penser à l’avenir ?

La suite de l’interview, la question suivante plutôt et très intéressante surtout quand monsieur Diouf fut interpellé sur le fait qu’il voulait « régler là un conflit politique latent? »; et lui de répondre qu’il réglait plutôt « un conflit intellectuel. »

Mais avec qui ?
Avec Amadou H. Ba à qui il refuse le droit « d’écrire (non pas) pour expliquer le monde des noirs aux blancs, (mais…) d’abord pour (sa) communauté »; le sage H. Ba à qui il conteste l’envie « d’entretenir une conversation indigène pour les indigènes en se souciant de la seule reconnaissance qui vaille, celle de notre communauté d’abord et des hommes et femmes épris de paix et de justice »?

Au-delà de la contradiction manifeste entre ce qu’il disait avant (en rapport avec le discours de Sarkozy) et aujourd’hui (reprenant le discours complexé et condescendant sur les Africains), Mamadou Diouf sort une hypothèse bancale selon laquelle « celui qui va mourir ne penserait pas à l’avenir ».

J’ai justement envie de lui demander en sa qualité d’historien renommé, quelle génération présente (voire ancienne ou future) oserait penser à l’avenir sans avoir fait au préalable l’inventaire ordonné des biens qui se trouvaient en la possession de la précédente [(vieille génération mourante) qui donc au crépuscule de la mort – on devrait l’affirmer plutôt – aurait pensé préalablement à l’avenir] ? Aussi « sénile » soit-il, un vieillard laisserait-il sa descendance sans socle – [et ce serait la faute de qui si cela devait arriver, celle de l’impertinent qui considère qu’il (le vieillard) a des connaissances old-fashioned ou du vieillard qui avouerait qu’il n’avait aucune expérience de la vie à léguer aux générations suivantes]?
Encore faut-il que Mamadou Diouf nous dise quel sens il donne aux notions de mort, avenir et transmission des connaissances en rapport avec la vieillesse dans le contexte où elle est évoquée par Amadou H. Ba ?

Mais, voyons comment Mamadou Diouf essaie d’étayer son propos sur le conflit intellectuel qu’il évoque :

C’est dans nos têtes que cela se passe. Vous savez l’Afrique c’est simple. C’est très simple. C’est un continent où 75 % de la population a moins de 25 ans. Alors pourquoi voulez-vous penser pour ces gens-là quand vous ne savez même pas comment ils pensent. Cela veut dire quoi, ça veut dire que les gens qui sont au-delà de 80 ans ne sont même pas 10 % de la population. Quel avenir vont-ils penser s’ils ne connaissent pas la vie de ces gens pour lesquels ils doivent penser. Et cela va plus loin. Si vous regardez toute l’histoire de l’humanité, scientifique, intellectuelle, morale, religieuse, ce sont des jeunes qui ont toujours porté les nouvelles sciences. Ce sont les jeunes qui ont toujours porté les nouvelles religions. Tous les prophètes des religions révélées étaient des jeunes. Ce sont les jeunes qui portent l’avenir parce que ce les jeunes qui sont capables de se projeter dans le passé  en construisant l’avenir sur le passé. Les sociétés humaines avancent par accumulation de connaissances et ruptures. C’est comme ça qu’on avance. C’est par la rupture. Mais dans tous les sens. Quand vous écoutez de la musique, c’est comme cela que ça avance non ? Vous ne continuez pas à écouter Youssou Ndour. Vous écoutez d’autres parce qu’ils apportent quelque chose. Les gens qui jouent bien au football, au basket, c’est parce qu’ils apportent quelque chose qui n’était pas là. Et cette chose qui n’était pas là, c’est qui fait avancer. Mais quand on s’appuie sur une espèce connaissance conservatrice de la tradition, ce qu’on fait c’est qu’on répète. On pense toujours que le passé est meilleur que le présent, et meilleur que le futur. Alors ce qui est important c’est de reprendre ce passé, de le revivre. Or, on ne peut pas revivre le passé.

On ne voit pas trop le rapport entre le fait qu’il y ait une majorité de jeunes de moins de 25 ans (chômeurs?) en Afrique et le fait qu’une petite « minorité de vieillards » soient à la tête des institutions des pays africains.
On ne voit pas non plus pourquoi un problème de gestion de compétences en Afrique va être liée à la présence de « vieillards » dans les systèmes politiques avec comme soubassement la « bêtise » d’Amadou H. Ba qui y jouerait un quelconque rôle.

Soit l’énoncé d’Ampathé Ba est une vérité générale (d’autant plus qu’il a une équivalence dans la philosophie morale des wolof… voir Assane Sylla); et  mais en aucun cas on se saurait accuser l’auteur d’être un idéologue qui aurait inculqué une telle philosophie aux Africains. Et comme beaucoup le diront, c’est une formule qui essaie d’expliquer les réalités africaines dans un contexte précis sans aucune prétention derrière.

Les exemples que donne Mamadou Diouf sont tous aussi hasardeux.
Aussi pro-jeune qu’il soit, lui Mamadou Diouf est-il en train de nous dire que plus il se rapproche de la vieillesse, plus il sent qu’il ne pourrait rien apporter dans son domaine de recherches sur l’Afrique – mais quel bel aveux donc !?

Non. Il faut le dire sans hésiter.
Dans «  toute l’histoire de l’humanité, scientifique, intellectuelle, morale, religieuse »,  ce ne sont pas « les jeunes qui ont toujours porté les nouvelles sciences ».
C’est faux et trompeur comme l’exemple des « prophètes des religions révélées (qui) étaient des jeunes » qu’il donne qui nous parait non représentatif et tout aussi fautif comme l’est l’idée selon laquelle « les sociétés humaines avancent par accumulation de connaissances et ruptures ».

C’est trop facile Monsieur Diouf (nouveau disciple du discours de Dakar). Que savez-vous de la Bible ? Oui, la Bible n’est-elle pas constituée de deux livres, l’ancien et le nouveau testaments? Essayez d’enlever l’ancien testament et vous verrez combien le deuxième sur Jésus-Christ serait un mauvais texte religieux… Y a-t-il un seul prophète parmi ceux qu’évoque monsieur Mamadou Diouf qui aurait prôné la destruction de la continuité ?

Pour aller plus loin avec lui dans sa réponse, monsieur Diouf ose-t-il soutenir que ce sont les vieillards qui remplissent les Bercy de Youssou Ndour et non les jeunes parce que ce dernier n’apporterait rien à la nouvelle génération ? Croit-il que les jeunes sénégalais au nom de la rupture doivent abandonner le Mbalax traditionnel pour le rap par exemple ?
Croit-il réellement que les vieilles règles du basketball ou du football vont changer parce que la nouvelle génération de joueurs apporterait quelque chose qui n’était pas là ?

Il avait certes trouvé l’occasion, même s’il le nie encore une fois de vouloir « régler là un conflit politique latent » (d’autant plus qu’il avait un prétexte pour le faire, le fait qu’il soit invité à parler de la nécessité pour les femmes « de se battre pour changer » l’espace politique selon la « loi des sociétés humaines (qui) est qu’en général les dominés se battent pour changer le système »); de donner son avis sur les candidatures de Wade et de Youssou Ndour.

A mon avis, le cynisme dans le propos de Diouf participe à alimenter la critique sur – en tous les cas, on peut se permettre de poser cela comme hypothèse – la candidature de Wade (qui serait) l’exemple de la gérontocratie, tandis que Youssou Ndour serait le prototype de la « vieille musique » qui ne saurait emporter l’engouement de la jeunesse sénégalaise, laquelle serait très branchée à la musique moderne.

On aimerait bien dire à l’historien perdu dans les dédales des sciences politiques sans références historiques africaines solides, qu’une révolution est toujours portée par des individus d’extraction modeste qui arrivent à insuffler le discours de la revendication à la majorité avec l’aide, l’engouement, la fugue de la jeunesse-disciple.

C’est pourquoi d’ailleurs nous avons tendance à dire que Youssou Ndour est un autre exemple du révolutionnaire moderne (je reviendrai certainement une autre fois sur le cas Youssou Ndour après en avoir déjà parlé ici).
You sait d’où il vient  et il a les arguments pour convaincre les femmes qu’il est celui qui s’est toujours soucié d’elles. Notre cher Youssou Madjiguène, est l’incontournable chantre des femme sénégalaises dont la place dans société intéresse tant notre historien.

Mamadou Diouf est celui qui nous apprend que « le rôle prépondérant que les jeunes filles peuvent apporter à la politique dans notre société » est double. Il s’agit pour elles de se « constituer un savoir qui puisse porter le travail qu’elles font à l’intérieur des sociétés, dans les familles, dans les communautés et dans les ménages ». De cette manière elles pourront « faire en sorte que leurs voix portent, qu’elles fassent partie du processus de décision et qu’elles puissent effectivement faire passer leurs demandes » en déployant « leurs capacités citoyennes au bénéfice de l’ensemble de la société ».

Mais curieusement – c’est à croire que monsieur Diouf a des difficultés à trouver des exemples pour les idées qu’il avance -, il se base sur une supposée démonstration des chercheurs qui révèle donc que,  « la très grande différence, entre les activités des femmes et celles des hommes, c’est que les activités des femmes en général, y compris dans les conditions où la violence ethnique est la plus importante, les femmes n’y participent pas. Regardez en Casamance, est-ce qu’elles participent ? »

Où veut-il en venir au fait ?
Et pourquoi l’opposition armée du MFDC dans son conflit avec l’Etat du Sénégal se résumerait en une crise ethnique pour Mamadou Diouf?

La question des journalistes (pour rappel) était de savoir « quel est le rôle prépondérant que les jeunes filles peuvent apporter à la politique dans notre société ? »
On a droit de se demander à quoi répond (la question sans réponse) de l’historien Mamadou Diouf ?
En toute curiosité…, à quoi participeraient-elles, ces femmes casamançaises qui comme toutes les autres femmes « ont une logique beaucoup plus communautaire » ?
Monsieur Diouf est-il en train de nous dire que selon l’ethnie (d’appartenance) les femmes casamançaises ne participeraient pas « à la politique dans notre société (sénégalaise) » ?

Bref, face à la nébulosité autour de cette idée-réponse avancée par l’historien, il faut juste dire qu’au-delà du fait que nous rejetons catégoriquement la tendance à cataloguer le MFDC en organe politique ethnique, il nous semble qu’il serait juste de souligner que le désintérêt général des femmes de la Casamance pour la politique sénégalaise ne réside pas dans le fait qu’il y ait tout simplement un conflit politico-politicien dans la région.

Au contraire, là où notre spécialiste avance l’hypothèse ethniciste (dommage), il me semble qu’il faut ouvrir les yeux et prendre en compte le fait qu’il y a une (différence) réalité culturelle profonde. Les peuples de Casamance, sans se singulariser, sont un échantillon socioculturel qui démontre encore une fois que l’Afrique a des valeurs inaliénables encore vivaces, n’en déplaise à la démocratie et autres systèmes exemplaires qui animent monsieur Mamadou Diouf ce Don Quichotte anti-traditions africaines.

Parlons donc de la femme casamançaise et de son absence dans la politique politicienne sénégalaise.
C’est assez simple à illustrer. Il y a eu tellement de promesses non tenues au point qu’en Casamance, politique rime avec mensonge.
Or, le Casamançais abhorre le mensonge et trouve donc que c’est déshonorant de faire de la politique qui serait réservé aux autres « Sénégalais » (le Sénégal renvoie au nord de la Casamance au-delà de la Gambie selon les schèmes mémoriaux en Casamance).

En outre, la femme casamançaise étant au cœur de la matrice de transmission des valeurs culturelles, il ne faut pas s’étonner du fait qu’elle se détourne de la politique, du mensonge. Voilà la réalité de la femme casamançaise inconnue de Mamadou Diouf, cet historien des salons huppés qui n’a jamais fait le terrain dans le Pays Ajamaat,… chiche .

Mamadou Diouf devrait désormais arrêter de dire du n’importe sur la Casamance où, fort heureusement et pour confirmer la parabole d’Amadou H. Ba; les vieillards ne transmettent les connaissances qu’aux initiés.

C’est quoi la vieillesse monsieur Diouf ?
N’est-ce pas un état d’esprit.  Comme le disait si justement Samuel Ullman :

La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une qualité de l’imagination,[…] On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années; on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal […] les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l’âme […]le Jeune… défie les événements et trouve la joie au jeu de la vie. Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement. Vous resterez jeune tant que vous serez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini. Si un jour votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

Et notre dernier mot est bien d’ajouter que l’historien Mamadou Diouf du Columbia University a une âme de vieillard occidental enfermé dans des maisons spéciales où il est abandonné, emprisonné sans aucun contact avec ses petits enfants (la vérité innoncente) dont le seul fait de les voir lui donne cette force de défier l’usure du temps et surtout redonne l’espoir de leur démontrer qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle !

Notre point de vue ne pouvant suffire à comprendre la monumentale bévue de monsieur Mamadou Diouf qui ferait mieux de ne pas venir attaquer les Africains en Afrique, nous vous proposons quelques réflexions africaines sur cette énième sortie de notre historien vedette qui vient de se brûler les ailes.

A force de se faire encenser par les médias occidentaux où il ne fait que verser dans la duplicité sans jamais s’en prendre réellement aux causes profondes et réelles des souffrances des sociétés africaines, monsieur Mamadou Diouf a fini par se prendre pour l’incontournable marabout charlatant quand il s’agit de parler de l’Afrique.
Sauf que voilà, comme le dit partiellement ce commentaire sur seneweb, on peut être un professeur dans une université occidentale et se retrouver comme un fieffé cancre dans l’université de la vie africaine… !!!

Hey, Mamadou Diouf, Ku la mak ëpp lay sagar
Vive Amadou Hampathé Ba, la jeunesse africaine est encore fière de toi
!!!

Voir les sources

AFRIQUE-DEVELOPPEMENT-GENRE
Les femmes invitées à se construire un savoir valorisant leur travail

09/01/2012 16:39 GMT
Dakar, 9 jan (APS) – L’historien Mamadou Diouf, professeur à l’université Columbia aux États-Unis, a invité lundi les femmes à se battre pour se construire un savoir de façon à valoriser le travail qu’elles font au sein des sociétés et des communautés.
Elles doivent aussi œuvrer dans ce sens ‘’dans les ménages pour faire en sorte que leur voix porte, et qu’elles fassent partie du processus de décision’’, a indiqué le professeur Diouf en introduisant une communication sur le thème : ‘’Jeunes femmes subalternes au sein de leur propre communauté, comment les contrôlées (…), quelles hypothèses ?’’.
Il prenait part à un atelier régional initié par Afriques Créatives pour la validation du projet de recherche : ‘’Participation politique des jeunes femmes d’Afrique de l’ouest francophones – Formes, enjeux et politiques publiques’’.
Selon lui, les jeunes femmes peuvent jouer un rôle prépondérant dans la société africaine parce qu’elles sont majoritaires chez les jeunes. Le déficit démocratique africain, relève l’historien, est fortement lié à l’absence de la participation citoyenne des femmes.
‘’Tant que cette participation citoyenne n’est pas effective, les sociétés africaines arriveront très difficilement à promouvoir la démocratie, mais aussi à se développer’’, a expliqué Mamadou Diouf.
A l’en croire, la question fondamentale en Afrique n’est pas liée de manière exclusive aux conditions dans lesquelles les relations de genre sont organisées, mais plutôt aux conditions culturelles.
‘’Si on ne change pas les mentalités en Afrique, on n’avancera pas. Si on ne règle pas nos rapports avec nos traditions, on n’avancera pas tant que la grande révolution mentale des hommes et des femmes n’aura pas changé’’, a prévenu le professeur Diouf.
Selon lui, quelque fois, ce sont les femmes qui portent l’ordre patriarcal beaucoup plus fortement que les hommes. C’est pourquoi il estime qu’il faut une rupture et une révolution à ce niveau.
Mais à l’en croire, personne n’abandonnera ses positions de privilège par gentillesse. ‘’Les hommes s’occupent de la situation actuelle et vont continuer à vouloir la conserver’’, a-t-il expliqué.
‘’C’est aux femmes de se battre pour changer cette situation de dominées et c’est en ce moment qu’on trouvera un équilibre. C’est ça la loi de la nature’’, a-t-il estimé.
Selon lui, dans les sociétés humaines, il existe une loi qui veut que c’est aux dominés de se battre pour changer le système et en général, les dominants faisant tout pour conserver leur position de pouvoir. Pour lui, c’est cette dialectique qui transforme les sociétés humaines.
Depuis très longtemps en Afrique, explique le directeur de l’Institut d’étude africaine à Columbia, ce sont les femmes qui sont en train de nourrir les hommes et les sociétés.
Aujourd’hui, souligne-t-il, les femmes ont un rôle très important à jouer dans la société, mais qui n’est pas reconnu, parce qu’invisible et perçu comme un rôle naturel.
‘’La situation est de reconnaitre ce rôle et de donner aux femmes l’occasion d’arracher la possibilité de leur représentation et de leur participation à la décision, parce que dans les sociétés humaines il faut trouver un équilibre pour que l’ensemble des partenaires puissent s’épanouir et être heureux’’, a conclu Mamadou Diouf.
LTF/ASG
http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=89013

Pr MAMADOU DIOUF, PROFESSEUR D’HISTOIRE A COLUMBIA UNIVERSITY (USA)
«En Afrique, si on ne change pas les mentalités, on n’avancera pas»

Par Chérif FAYE Mis en ligne le 2012-01-10 02:50:58
Le parcours inter générationnelle en Afrique est «fondamentalement» déterminé par le genre. Alors que le sort de la femme est exclusivement lié à son destin domestique, celui de l’homme se traduit par  son engagement public. Pr Mamadou Diouf, Professeur d’Histoire à l’Université Columbia aux Etats-Unis, a estimé qu’on ne peut pas compter sur le pouvoir gérontocratique pour penser le futur. Pour lui, il faut qu’il y ait une révolution culturelle et mentale pour avancer. C’est ce qu’il laisse entendre dans cet entretien qu’il nous a accordés hier lundi 9 janvier 2012 à Dakar en marge de l’atelier régional de partage des résultats de recherche du projet sur la participation politique des jeunes femmes d’Afrique de l’Ouest francophone organisé par l’Association Afriques Créatives.
Quel intérêt portez-vous à la participation politique des femmes en Afrique de l’Ouest francophone ?
En fait, l’intérêt que j’accorde à cette problématique est double. D’une part, je m’intéresse à cette problématique en tant qu’historien, chercheur en sciences sociales qui a consacré une partie de sa vie intellectuelle à travailler sur les questions liées à la génération. Le passage d’une génération à l’autre est un passage fondamentalement déterminé par le genre, c’est-à-dire les hommes et les femmes deviennent adolescents et adultes de manière différente. Et ce processus a un impact sur leur présence dans l’espace public. Le processus de maturation de la femme est un processus presqu’exclusivement lié à la réalisation de ce qu’on pourrait appeler son destin domestique.  tre une femme, être une mère et s’occuper de sa famille, la sphère domestique, tandis que la maturation de l’homme est une maturation toujours publique parce qu’elle se traduit par la réussite et la réussite est effectivement quelque chose qui est vécue d’une manière publique. Et dans ces processus, la chose la plus importante pour moi, c’est le fait que les femmes sont des ressources dans le processus de maturation. Elles ne sont pas des actrices, elles ne sont pas des agents de la transformation sociale. Comment sa chance devient toute petite est pour moi très important. La deuxième chose est que le déficit démocratique africain est très fortement lié à l’absence de la participation citoyenne des femmes. Et tant que cette participation citoyenne ne sera pas respectée, les sociétés africaines arriveront très difficilement à promouvoir la démocratie.
Peut-on comprendre que vous faites allusion à la stratification culturelle de notre société?
Oui, c’est ce que je vais montrer aujourd’hui (ndlr : hier), que la question fondamentale en Afrique n’est pas du tout liée de manière exclusive aux conditions dans lesquelles les relations de genre sont organisées. Ce sont des questions culturelles. Si on ne change pas les mentalités en Afrique, on n’avancera pas. D’où on ne règle pas notre rapport avec notre tradition, on n’avancera pas. On peut faire tout ce qu’on veut, éduquer les filles, ça ne changera pas. Tant qu’il n’y a pas la grande révolution mentale qui est la révolution mentale des hommes et des femmes, parce que quelque fois les femmes portent l’ordre patriarcat plus fortement que les hommes contrairement à ce que l’on croit.
Cela présuppose-t-il un chamboulement total de notre ordre social ?
Mais c’est cela qui fait avancer une société. C’est sa capacité à s’adapter, à changer. C’est pour ça que la plus grosse bêtise qui ait jamais été sortie en Afrique, c’est  «En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle». C’est une bêtise.
Comment est-ce une bêtise ? Elaborez s’il vous plaît…
Parce qu’on ne peut pas compter sur le pouvoir gérontocratique pour penser le futur. C’est aussi simple que ça.
Pourquoi quelqu’un qui va mourir va penser à l’avenir ?
Vous régler là un conflit politique latent?
Je ne règle pas un conflit politique. Je règle un conflit intellectuel. C’est dans nos têtes que cela se passe. Vous savez l’Afrique c’est simple. C’est très simple. C’est un continent où 75 % de la population a moins de 25 ans. Alors pourquoi voulez vous penser pour ces gens là quand vous ne savez même pas comment ils pensent. Cela veut dire quoi, ça veut dire que les gens qui sont au-delà de 80 ans ne sont même pas 10 % de la population. Quel avenir vont-ils penser s’ils ne connaissent pas la vie de ces gens pour lesquels ils doivent penser. Et cela va plus loin. Si vous regardez toute l’histoire de l’humanité, scientifique, intellectuelle, morale, religieuse, ce sont des jeunes qui ont toujours porté les nouvelles sciences. Ce sont les jeunes qui ont toujours porté les nouvelles religions. Tous les prophètes des religions révélées étaient des jeunes. Ce sont les jeunes qui portent l’avenir parce que ce les jeunes qui sont capables de se projeter dans le passé  en construisant l’avenir sur le passé. Les sociétés humaines avancent par accumulation de connaissances et ruptures. C’est comme ça qu’on avance. C’est par la rupture. Mais dans tous les sens. Quand vous écoutez de la musique, c’est comme cela que ça avance non ? Vous ne continuez pas à écouter Youssou Ndour. Vous écoutez d’autres parce qu’ils apportent quelque chose. Les gens qui jouent bien au football, au basket, c’est parce qu’ils apportent quelque chose qui n’était pas là. Et cette chose qui n’était pas là, c’est qui fait avancer. Mais quand on s’appuie sur une espèce connaissance conservatrice de la tradition, ce qu’on fait c’est qu’on répète. On pense toujours que le passé est meilleur que le présent, et meilleur que le futur. Alors ce qui est important c’est de reprendre ce passé, de le revivre. Or, on ne peut pas revivre le passé.
Est-ce qu’il n’y a pas de danger à ce que les dominées d’hier dominent aujourd’hui ?
Pourquoi serait-il un danger ? Ce serait peut-être mieux parce qu’on irait d’un extrême à un autre pour trouver un équilibre. C’est la loi de la vie, et ce n’est pas évident que les dominants deviennent des dominés. Et c’est pour ça que je parlais de la rupture et de la révolution. Vous savez, personne ne va abandonner ses positions de privilèges par gentillesse. Les hommes qui profitent de la situation actuelle vont se battre pour la conserver. Il appartient aux femmes de se battre pour changer. Et alors on trouvera probablement un équilibre. Est-ce qu’on va en trouver, je ne sais pas ? Mais c’est ça la loi de la nature. Cela veut dire ce que cela veut dire. La loi des sociétés humaines est qu’en général les dominés se battent pour changer le système. En général les dominants ont tout pour conserver leur position de pouvoir. Et c’est cette dynamique, cette dialectique qui transforme une société.
Mais est-ce que les femmes ont les moyens de mener cette lutte pour transformer la société?
Elles ont toujours mené le combat. Le problème est que ça ne se traduit pas pratiquement. Vous savez, depuis très longtemps en Afrique, ce sont les femmes qui sont en train de nourrir les hommes, les sociétés. Vous savez ça ? Donc, aujourd’hui ce qui est en train de se passer, c’est que les femmes ont un rôle très important, plus important dans la société. Et ce rôle n’est pas reconnu parce que c’est un rôle  invisible et conçu comme un rôle naturel. Donc, aujourd’hui la situation est de reconnaître ce rôle et de donner ou aux femmes d’arracher la possibilité de leur représentation et de leur participation à la décision. C’est-à-dire que l’idée que les femmes vont dominer les hommes, c’est des histoires. C’est l’idée le plus retardataire et le plus réactionnaire qu’on puisse trouver. Dans les sociétés humaines, il faut trouver un équilibre pour que l’ensemble des partenaires puissent s’épanouir et puissent être heureux.
Quel est le rôle prépondérant que les jeunes filles peuvent apporter à la politique dans notre société ?
Deux rôles : Premier rôle, elles sont la majorité des sociétés africaines. Parce que dans la majorité des jeunes, elles constituent la majorité. Leur rôle, c’est de se battre, de constituer un savoir qui puisse porter le travail qu’elles font à l’intérieur des sociétés, dans les familles, dans les communautés et dans les ménages. Et de faire en sorte que leurs voix portent, qu’elles fassent partie du processus de décision et qu’elles puissent effectivement faire passer leurs demandes. Qu’elles puissent effectivement déployer leurs capacités citoyennes au bénéfice de l’ensemble de la société. Vous savez la très grande différence, et ça les chercheurs l’ont montré, entre les activités des femmes et celles des hommes, c’est que les activités des femmes en général, y compris dans les conditions où la violence ethnique est la plus importante, les femmes n’y participent pas. Regardez en Casamance, est-ce qu’elles participent ? Non ! Parce que cette logique n’est pas leur logique. Elles ont une logique beaucoup plus communautaire. C’est ça l’un des aspects les plus intéressants. Alors que quand elles vivent ensemble dans de petits groupes, la logique de la compétition est beaucoup plus forte parmi les femmes que parmi les hommes. Mais quand les femmes s’engagent dans l’espace public, elles s’engagent toujours de manière solidaire et cela est démontré dans toute l’Afrique par les chercheurs. Et que les femmes organisent très rarement des daahiras. Au Sénégal, les daahiras les plus importants sont des daahiras d’hommes et pas des daahiras de femmes. Quand elles mettent en place des organisations, elles ne prennent absolument pas en considération les clivages ethniques ou religieux, jamais. Alors que les hommes ne mettent jamais en place des choses de ce type. Sinon que très rarement. Et c’est vrai. Par exemple quand vous allez dans le quartier où je suis né, les Mourides ont une association de Mourides, il n’y a pas une association de Musulmans.
Cette interview a été réalisée en collaboration avec Adama Aïdara Kanté (Le Populaire), Maguette Ndong (Le Soleil) et Ibrahima Iba Faye (APS)
http://www.sudonline.sn/en-afrique-si-on-ne-change-pas-les-mentalites-on-navancera-pas_a_6282.html

Dans son format en ligne, le populaire titrait
L’HISTORIEN MAMADOU DIOUF RECADRE L’ECRIVAIN AMADOU HAMPATHE BA : «La plus grosse bêtise qui est jamais sortie en Afrique, c’est de dire qu’en Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle»
Mardi 17 Janvier 2012
Le professeur et historien Mamadou Diouf a surpris son monde, en début de semaine dernière, lors d’un atelier régional de partage des résultats d’une recherche sur un projet relatif à la participation politique des jeunes femmes d’Afrique de l’ouest Francophone, initié par Afrique Créative, en s’en prenant à Amadou Hampathé Ba. Le professeur Mamadou Diouf d’histoire à l’Université de Colombia, a, en effet, souligné que la question fondamentale en l’Afrique n’est pas liée de manière exclusive aux conditions dans lesquelles les relations de genre sont organisées, car ce sont des questions culturelles. «C’est pourquoi, la plus grosse bêtise qui est jamais sortie en Afrique, c’est de dire qu’en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Parce que tout simplement, on ne peut pas compter sur le pouvoir gérontocratique pour penser le future», a-t-il soutenu, en référence à la célèbre phrase du défunt l’écrivain et conteur Malien, Amadou Hampathé Ba. Et M. Diouf de soutenir que «si on ne change pas les mentalités en Afrique, on n’avancera pas. Si on ne règle pas nos rapports avec la tradition, on n’avancera pas. On peut faire tout ce qu’on veut, ça ne changera pas». «Pourquoi quelqu’un qui va mourir va penser à l’avenir», s’interroge-t-il, en outre, avant de soutenir que «ça se passe dans nos têtes. L’Afrique, c’est simple, c’est un continent où 75% de la population ont moins de 25 ans. Pourquoi voulez-vous penser pour ces gens, quand vous ne savez même pas comment ils pensent. Donc ça veut dire qu’au-delà de 80 ans, ce ne sont même pas 10% de la population. Quel avenir vont-ils penser ?». Et Mamadou Diouf d’aller plus loin en notant que dans toute l’histoire de l’humanité, que ça soit au plan intellectuel, moral, religieux culturel, «ce sont les jeunes qui ont toujours porté les nouvelles sciences. Ce sont eux qui ont toujours les nouvelles religions. Tous les prophètes des religions révélées étaient des jeunes. Ce sont ces derniers qui portent l’avenir, qui sont capables de se projeter dans le passé en construisant l’avenir». A l’en croire, tant que la grande révolution mentale des hommes et des femmes n’aura pas lieu, rien ne changera. Car il indique que quelques fois, la femme patriarcale est beaucoup plus forte que les hommes, contrairement à ce qu’on croit. Selon Mamadou Diouf, c’est cela qui peut chambouler l’état de la société.
Adama Aïdara KANTE (Stagiaire)
http://popxibaar.com/L-HISTORIEN-MAMADOU-DIOUF-RECADRE-L-ECRIVAIN-AMADOU-HAMPATHE-BA-La-plus-grosse-betise-qui-est-jamais-sortie-en-Afrique_a10591.html

L’article du Populaire est repris en ligne par Seneweb.com
A suivre (cette affaire n’est pas encore finie…)

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