Le Sénégal de Wade sème la terreur en Casamance… bis repetita non placent

Les CIVILS sont encore les « otages du conflit qui oppose l’Etat sénégalais au Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance » (MFDC), « un groupe d’opposition armée » comme les aime le président Abdoulaye Wade du Sénégal qui a soutenu successivement Guillaume Soro en Côte d’Ivoire et autres CNT Libyen en Afrique.

Comme le disait Amnesty International dans son rapport publié en janvier 1998, l’armée sénégalaise et la gendarmerie sous le commandement du gouverneur – le tristement connu Amadou Abdoulaye Dieng, qui dès octobre 1983 a été choisi pour le commandement de la zone militaire Sud avant de devenir à partir de 1988, gouverneur militaire de la région de Ziguinchor – ont commis « un très grand nombre de violations des droits de l’homme ».

« Des centaines de civils ont été arrêtés et torturés par les forces de sécurité. De nombreuses personnes ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires, des dizaines d’autres ont « disparu » après leur arrestation et n’ont pas été revues depuis ».

Voilà que le scénario se répète aujourd’hui en 2012.

Comme le révèle la presse sénégalaise, l’armée et la gendarmerie du régime d’Abdoulaye Wade le président du Sénégal auraient procédé comme sous les régimes du Président Abdou Diouf (actuellement à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie) dans les années 1980 – 1990, à des arrestations « extrajudiciaires de personnes civiles » dans les villages de Casamance et celui d’Affiniam plus particulièrement et cela « suite à la destruction de la gendarmerie locale par les forces combattantes de l’opposition armée du MFDC, nommées « Atika » survenue le lundi 02 janvier 2012 ». (Leral.net / lejournaldupays.com/rewmi.com/seneweb.com).

Nargué depuis quelques temps par cette « opposition armée », l’Etat du Sénégal a préféré s’attaquer aux pauvres populations civiles accusées de collaborer avec le MFDC.

Plusieurs personnes selon les témoignages auraient ainsi été « torturées avant d’être transférées à Bignona et Ziguinchor » au seul fait qu’elles seraient suspectées de complicité avec « des bandes armées qui ont attaqué à deux reprise la brigade de la gendarmerie avant d’enlever le commandant ».

Ainsi selon leral.net, « plusieurs charges pèsent sur ces suspects : complicité de kidnapping du commandant de la brigade de gendarmerie et complicité pour les attaques à main armée ».

Voilà donc comment l’Etat du Sénégal compte résoudre la crise casamançaise en s’en prenant directement aux populations civiles qu’il était supposé garantir la sécurité.

Est-ce une manière de se constituer un butin de guerre composé de personnes innocentes considérées à tort comme étant pro-MFDC?
Ce qui permettrait ainsi à l’armée sénégalaise de détenir des « otages » parmi les populations civiles, alors que le MFDC, si l’on se fie aux déclarations de la « Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) » détient déjà de son côté des soldats Sénégalais et demandent des négociations sérieuses.

Conséquemment, le régime du Président Wade ne trouve pas d’autres solutions que d’aller s’en prendre aux populations civiles casamançaises qui sont pourtant considérés Sénégalais sous le faux prétexte de complicité avec cette rébellion qu’il avait lui-même utilisé à des fins politiques si l’on en croit encore à la dernière déclaration de SOS Casamance (ONG) qui trouve que Wade a cherché le pourrissement dans la question de la Casamance et que malheureusement il a contribué à son aggravation avec l’unité des différentes factions qui ont été créées et armées par l’argent du contribuable dans le seul but d’affaiblir le MFDC.

Mais dans tout ceci, c’est le silence des élites casamançaises qui est plus que choquant, la peur d’être accusé de « complicité » avec le MFDC comme le sont aujourd’hui les populations civiles en Casamance fait qu’elles tournent le dos à la souffrance de ces Casamançais qui ne savent plus quelle posture tenir. Quelle honte !

Il faut dénoncer les méthodes de l’armée sénégalaise et de la gendarmerie dans les villages. Ces armées savent où se trouvent l’opposition armée du MFDC qui cherche l’indépendance de la Casamance.

Or, si l’on tombe toujours sur le constat final que la République du Sénégal et les régimes qui se succèdent croient réellement que toutes les populations casamançaises sont de potentiels complices à la rébellion; alors dans ce cas, il serait utile que la communauté internationale intervienne pour ouvrir les yeux de ceux qui malmènent la Casamance.

En effet si tout Casamançais est un membre de cette opposition armée qui réclame l’indépendance comme le croit la majorité des Sénégalais, il serait temps donc qu’on arrête la bêtise inhumaine qu’on y perpétue contre les populations que nous nous croyons innocentes.

Pour avoir vécu cette expérience de la chasse aux populations civiles accusées de soutenir le MFDC alors qu’elles veulent garder le silence pour ne pas se mêler d’une question purement politique, il devient pour nous in-question que l’on se taise face à cette répétition des actions de la terreur étatique du Sénégal qui détient, il faut bien le dire, le monopole de la violence contre les civils en Casamance.

Liens utiles cités dans ce commentaire :
http://www.leral.net
http://www.seneweb.com
http://www.journaldupays.com
http://www.rewmi.net

Publicités
Galerie | Cet article a été publié dans Afrique / Monde, Cultures & civilisations, Senegambiana. Ajoutez ce permalien à vos favoris.