MFDC – Etat du Sénégal: Une homélie contre les faux chemins qui mènent à la paix

Le vicariat de la Cathédrale Saint-Antoine de Padoue de Ziguinchor a lancé un message qui offre quelques éléments de réflexion en rapport avec le destin du Mouvement des Forces Démocraties de Casamance (MFDC) qui est lié à la problématique de la paix en Casamance.

Le discours du religieux a été assez franc eu égard des derniers faits politiques et évènements tragiques qui ont marqué la vie dans la région. D’abord les états généraux de monsieur Jean Marie Biagui qui ont été accompagnés d’une série d’attaques contre la présence militaire dans la région.

A propos de Jean Marie Biagui, il est assez frappant de constater qu’après s’être longtemps fait reconnaître comme étant le Secrétaire Général du MFDC, il ait convié tous les membres du mouvement à des états généraux dans le but de transformer le « MFDC originel » en « parti politique ».

Or, au bout du compte on constate que ce n’était qu’une grande mascarade digne d’une personne qui n’a reçu aucune éducation digne de son peuple.
Jean Marie Biagui qui jusque là essayait de convaincre à qui veut l’entendre qu’il était le secrétaire général du MFDC, tire sur l’ombre dudit mouvement qu’il enterre en solo pour ainsi s’autoriser à créer un « parti politique » dénommé « Mouvement pour le fédéralisme et la démocratie constitutionnels »(MFDC).

Conséquemment, il nous semble que Jean Marie Biagui nous a caché jusque là le fait qu’il était en réalité le secrétaire du « Mouvement pour le fédéralisme » et non le « Mouvement de la Casamance » et qu’il s’est juste joué des gens et de manière cynique derrière la ressemblance des sigles MFDC.

En effet, le « Mouvement pour le fédéralisme » « entend promouvoir les idéaux de la république par l’instauration et l’exercice d’une véritable démocratie pluraliste ». Un parti qui contribuera aussi à « l’édification d’un Etat fédératif [et] soucieux des diversités ou des particularités locales, au renforcement de l’unité et de la cohésion nationales ».

En somme, le vrai MFDC de Jean Marie Biagui est un parti qui lutte pour le rassemblement « de toutes les Sénégalaises et de tous les Sénégalais, qui partagent ces objectifs républicains, ainsi que de tous les patriotes fédéralistes de la sous-région voire de l’Afrique toute entière » et qui est là surtout pour le « parachèvement du processus de paix en Casamance ».

Tout est clair désormais et il faut surtout éviter de tomber dans le piège de la division des Casamançais à travers l’exploitation de la faiblesse culturelle de ses élites qui veulent monter en politique tout en sacrifiant ce qui est le plus essentiel, ce que leurs civilisations ancestrales leur ont appris en termes de relations humaines. On ne peut comprendre la Casamance sans la prise en compte des valeurs ancestrales qui l’ont façonnée.

Pour revenir sur le cas spécifique de l’avenir du « MFDC originel », il nous semble que l’essentiel réside dans le fait que Jean Marie Biagui n’est plus membre du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance et que la problématique de succession au sein de ce mouvement semble de plus en plus moins difficile à résoudre.

Quant au troublant « MFDC » de Jean Marie Biagui, ce parti politique qui a pour ambition « le fédéralisme et la démocratie constitutionnels » au Sénégal et qui n’a (« Dieu merci ») aucune coloration régionaliste – malgré ses relents cyniques de créer la confusion sur le droit d’existence du « groupe immense » qui est le MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance » – aura une vie politique semblable à l’angoisse indicible que vivent ceux qui prennent le malin plaisir de faire souffrir les Peuples de la Casamance.

« Groupe immense » pour parler du MFDC né en 1947, c’est bien le mot juste qu’il fallait utiliser pour signifier à tous que le combat du MFDC doit être respecté même si l’on ne partage pas ses actions. Commencer par respecter tout le monde si nous voulons parler de paix.

En outre, on ne peut pas parler de l’unité du Sénégal sans évoquer l’histoire politique du MFDC. Car si on en est bien là aujourd’hui, c’est parce que à une période de notre histoire, des élites casamançaises ont décidé de marcher côte à côte avec les élites africaines afin de lutter pour les indépendances de l’Afrique.

C’est en cela que nous croyons que le vicaire de la paroisse Saint Antoine de Padoue de Ziguinchor a bien raison de s’inquiéter de la dérive politique actuelle qui consiste à créer une situation de pourrissement en Casamance à commencer par la création d’une confusion dans la tête des gens.

Bonne lecture…

Le vicaire de la cathédrale Saint Antoine de Padoue, l’abbé Zacharie Coly a déploré samedi à Ziguinchor la recrudescence de la criminalité dans la partie méridionale du Sénégal en décembre, affirmant que ‘’si la Casamance ne finit pas avec la guerre, la guerre finira la Casamance’’.

‘’Notre chère Casamance où à la veille de ses trente ans de conflit surgit malheureusement une situation désolante qui rend vaines toutes les entreprises de résolution et de réconciliation’’, a-t-il déclaré dans son homélie lors de la messe de minuit célébrée à la cathédrale Saint Antoine de Padoue de Ziguinchor.

‘’Notre Casamance où le merveilleux mois de décembre est devenu le mois du théâtre des violences. Un constat tragique de montée de la criminalité qui fait penser et qui fait dire que si la Casamance ne finit pas avec la guerre, la guerre finira la Casamance’’, a averti le curé.

‘’Si la Casamance ne finit pas avec la guerre, la guerre finira la Casamance’’ a-t-il insisté, relevant que ’’la loi du monde n’est pas et ne peut pas être distincte de la loi de Dieu’’. Selon l’abbé Zacharie Coly, ’’la loi de Dieu ce n’est pas la guerre, mais, c’est la paix’’.

A l’image du pasteur noir américain Martin Luther King, auteur du fameux discours ’’I have a dream’’ (J’ai fait un rêve), il a dit ‘’ J’ose rêver, croire et espérer avec vous qu‘un jour viendra où les armes tomberont des mains et la guerre paraîtra absurde et sera impossible’’.

‘’Un jour viendra, espère-t-il, où il n’y aura plus de champs de bataille, que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. Un jour viendra où on montrera un canon dans les musées, comme on y montre aujourd’hui un instrument de torture en s’étonnant que cela ait pu servir’’.

‘’Un jour viendra où l’on verra ses deux groupes immenses l’Etat et le MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance) placés l’un en face de l’autre se tendant la main défrichant notre pays le Sénégal et améliorant la création sous le regard du Créateur en travaillant pour le bien-être de tous, pour la fraternité des hommes et pour la toute puissance de Dieu’’ a encore dit le curé.

‘’Alors, a-t-il poursuivi, ce jour-là, nous nous sentirons une pensée commune avec des intérêts communs et une destinée commune. Nous nous embrasserons, nous nous reconnaîtrons fils du même sang et de la même race’’.

Selon lui, ’’ce jour-là, nous ne serons plus des peuplades ennemies, nous serons un peuple, nous serons une famille. Un peuple où les ennemis se parlent, les adversaires se tendent la main. Des peuples qui s’opposaient, acceptent de faire ensemble une partie du chemin’’.

‘’Alors, ce jour-là, nous pourrons, à la suite des anges, entonner en toute plénitude, en seul chœur et comme un seul homme cet hymne de victoire et de salut’’, a encore plaidé le vicaire.

La Casamance, constituée des régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, est le théâtre, depuis 1982, d’affrontements ayant fait de nombreux morts chez les civils, les militaires et les indépendantistes réunis au sein du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Un regain de violence marquée par l’attaque de cantonnements militaires par des individus supposés appartenir au MFDC a été noté ces dernières semaines.

Aps
‘’ Si la Casamance ne finit pas avec la guerre, la guerre finira la Casamance’’

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