Simulacre de l’armée sénégalaise et danse macabre en Casamance ?

Fait-on semblant et sans conviction de rester maître de la situation au sein de l’armée nationale sénégalaise après l’annonce de la mort de soldats par la presse démentie de manière assez maladroite par la suite ?

A moins que l’on cherche tout simplement à animer la fibre patriotique du Sénégalais et son « Diambar » qui serait même plus fort que l’armée française voire américaine si l’on se fiait aux mystifications des concitoyens ?

C’est normal sommes-nous tentés de dire.
Comme tout enfant qui croit que sont père est le plus fort de tous, chaque citoyen peut aussi comme cet enfant imaginé, croire que l’armée de son pays, son armée nationale, « ce second père » au nom de la patrie, est le plus fort de tous. C’est donc sans surprise que l’on voit les Sénégalais se complaire devant l’idée que plus que jamais il faut aller faire la guerre en Casamance, exterminer le rebelle du MFDC même tous les Casamançais.

Sauf que voilà, les armes ne régleront rien.
D’abord, parce que banalement si l’on s’en tient à l’idée qu’il existe les mêmes peuples au Sénégal, on peut donc supposer que dans l’armée sénégalaise comme dans les supposés groupuscules rebelles se sont les mêmes peuples et parfois des membres de la même famille qui risquent de s’entre-tuer dans cette guerre.
Ensuite, il nous semble que le Sénégal n’a pas les moyens d’aller faire la guerre contre une métastase de groupuscules de rebellions crées par les régimes qui se sont succédé et qui cherchaient à établir une situation de pourrissement du mouvement MFDC.

Or, cette sorte de victoire attendue qui serait acquise suite à la décomposition de l’ennemi cité (MFDC) risque de devenir un marécage où s’enlise tout élan de paix.

En effet, plus on cherche à faire pourrir les choses, plus on rend complexe la situation en multipliant les interrogations au sein des populations.
Il faut entendre par là que désormais, tout un chacun veut comprendre comment on est arrivé là, la vérité sur la Casamance commence à intéresser tout le monde. Le besoin de connaître l’histoire de la région est devenue une sorte de quête de conscience de soi.

D’ailleurs, plus les nouvelles dramatiques en Casamance s’accumulent, plus ces derniers préféreront se résigner à leur sort; celui de croire qu’ils sont bien seuls dans une région particulière au milieu de la Gambie et de la Guinée-Bissau loin du Sénégal comme cela se dit là-bas au sud.

Oui, le Sénégal ne cesse de s’éloigner !
Car même le pont Émile Badiane semble dire « Adieu Sénégal ».
Ainsi, le destin qui lierait la Casamance et le Sénégal – avec une Gambie et une Guinée-Bissau qui se demanderaient bien si le problème n’était pas le Sénégal – ce destin là est une satire sociale où se mêle l’avertissement tragique (comme celui du pont et bien d’autres réalités) qui anime chaque jour la vie du Casamançais où qu’il soit.

Pire, c’est un destin qui tue à petit feu la fierté, l’honneur du Casamançais qui face à la peur est obligé de tenir toutes sortes de discours afin d’apparaître plus patriote aux yeux du Sénégal.

En cela, nous disons, fils de Casamance le temps est venu d’aller à la quête de la vérité sans laquelle tu n’auras jamais la paix !

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