Unité Benno siggil senegaal avec Tanor/Niasse pour Président et Vice – Président

Certes la question de la candidature de Wade n’est pas encore résolue dans la vision politique de certains.
Et pour moi, je persiste et signe que le problème se trouve ailleurs. L’opposition exploite l’ignorance que les Sénégalais ont de leurs institutions. C’est assez commode et commun en politique africaine !

Ainsi en Afrique on peut se permettre, oppositions comme régimes en place tous confondus, de jouer avec les lois à l’insu des citoyens qui n’ont pas eu le temps de lire les textes.

Par exemple, nul n’ignore politiquement parlant, sauf celui qui ne veut pas connaître les lois institutionnelles de son pays, que quand la constitution sénégalaise avait été changée, nous parlons de la fameuse constitution de 2001, il était écrit désormais noir sur blanc ceci:

Loi constitutionnelle n° 2008-66 du 21 octobre 2008

Loi constitutionnelle n° 2008-66 du 21 octobre 2008 modifiant la première phrase de l’alinéa premier de l’article 27 de la Constitution.
Le Congrès a adopté à la majorité des trois cinquièmes des membres le composant, en sa séance du lundi 13 octobre 2008 ; Le Président de la République promulgue la loi constitutionnelle dont la teneur suit :
Article unique. – La première phrase de l’alinéa premier de l’article 27 de la Constitution est abrogée et remplacée par les dispositions suivantes :
« La durée du mandat du Président de la République est de sept ans ; la présente modification ne s’applique pas au mandat du Président de la République en exercice au moment de son adoption ».
La présente loi constitutionnelle sera exécutée comme loi de l’Etat.
Fait à Dakar, le 21 octobre 2008.
[/Abdoulaye WADE.
Par le Président de la République :
Le Premier Ministre,
Cheikh Hadjibou SOUMARE./]

C’est dans le  » J.O. N° 6432 du MARDI 21 OCTOBRE 2008 N – S »

Mais le citoyen qui s’aventure à lire tout ce qui a été écrit et réecrit à propos de cette constitution de 2001, n’arrivera pas à dire clairement comment on peut concilier le fait que cet énième changement ne s’appliquera pas à Wade qui était supposé être réélu en 2007 sous la même constitution qui vient de subir des modifications en son article 27.

Wade est élu avec la constitution de 1963 en 2000 pour un mandat de 7 ans sans limitation.
En 2007, il est réélu avec la constitution de 2001 pour 5 ans, mandat renouvelable qu’une seule fois.
Au court de son mandat de 2007, la loi constitutionnelle change et le mandat du président de la République du Sénégal est ramené à 7 ans mais toujours renouvelable qu’une seule fois selon l’article 27 ici concerné.
Mais, on nous dit par la suite que cette nouvelle loi ne s’applique pas à Wade.

En d’autres termes, il va redevenir un homme neuf après la fin de son mandat de réélection de 2007 avec la constitution de 2001, si nous devons interpréter cette nouvelle modification de la loi constitutionnelle.

La vérité, c’est qu’on ne sait pas par contre quelle loi s’applique à Wade et sous quel statut il allait apparaître en 2012 si des élections devaient se tenir selon la loi constitutionnelle originelle de 2001 consolidée par la suite.

C’est un travail d’historien que je fais là, pas celui de constitutionnaliste… chiche !
Alors, Wade peut-il être candidat ou pas ?

C’est pourquoi nous continuons à croire que la meilleure solution serait celle de repousser les élections jusqu’en 2014 en revenant toujours sur l’ancienne constitution qui sera désormais imposée par le peuple.

Oui, oui, je sais quand le peuple vote une constitution c’est une réussite…
Mais quand il s’agit de l’interroger sur la pertinence des modifications apportées à cette loi, on préfère singulariser les tenants d’une telle démarche – Regardez ce qui se passe en Grece. L’entrée dans l’Euro est une réussite historique pour le peuple, mais quand on veut interroger ce même peuple sur l’intérêt de rester dans une organisation qui transforme radicalement dans leur marche les institutions anciennes on s’attaque aux porteurs d’une telle idée, comme si le peuple n’avait pas le droit de changer d’avis… –

Excusez la petite digression et revenons sur notre vision des choses, le pourquoi des élections en 2014.
En un mot, 2014 offrirait l’opportunité à tous les candidats et pas besoin d’installer le blocage pré-électorale que nous constatons avec son lot de menaces.

Néanmoins il y a d’autres solutions pour mettre fin à cette période où l’on se fait peur. L’autre option surtout pour en finir avec la crise de positionnement de l’opposition -si nous allions donc vers des élections en 2012 – ce serait de saisir l’opportunité qu’offre encore une fois la constitution si aporétique de 2001. C’est-à-dire le poste de Vice-Président qui est bien évidemment dans la constitution sénégalaise de 2001 consolidée après 2007.

Voyons… pourquoi Tanor ne serait pas président tandis que Niasse occuperait le poste de Vice-Président ou vis versa ?
La question de positionnement qui risque de diviser l’opposition sénégalaise dominée par la famille socialiste qui n’arrive pas encore à s’entendre serait ainsi résolu. Ils auront tout le temps d’étoffer le contenu sur le partage du pouvoir entre le Présidente et son Vice-Président.

Quoi qu’il en soit, c’est une institution qui existe dans la constitution sénégalaise et on ne voit pas pourquoi Benno ne pourrait pas s’en inspirer pour régler une bonne fois pour toute la question de qui devrait être le chef de file de la grande famille socio-démocrate sénégalaise.

Il n’y a pas mille manières de battre Wade… l’unité qui serait synonyme de victoire ou la dualité, la dispersion qui conduit à l’échec !

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