Libye/AS: Inch’allah, le prochain contrat d’armement du guide pourra être 100% africain

La prochaine commande d’avions de guerre du guide libyen Kadhafi ne se fera pas avec une entreprise française, c’est certain. L’Afrique du Sud sera bientôt sur le marché de l’armement aérien à prix discount afin de permettre aux Pays Africains de pouvoir se doter en moyens de défense, dignes de ce nom.

Il est certes regrettable de devoir se féliciter qu’un pays africain envisage d’investir dans ces outils de la mort. Mais, pour faire face au danger que représente les nations impérialistes qui ont toujours su faire revivre leurs vieilles passions de barbarie contre le continent, l’idée de la détention d’un arsenal de guerre propre à l’Afrique et qui puisse aider à minimiser la supériorité technique des armées criminelles étrangères ne saurait être accourcie.

Qu’on ne vienne pas par contre nous parler de dictateurs africains, nous savons désormais comment ils sont fabriqués ces mercenaires en cravates qui sont souvent bousculés par les armées qu’ils prétendent être les chefs suprêmes. La vraie inquiétude est ailleurs…

Bonne lecture…

Décollage en vue pour le premier avion 100% africain

La Tribune 29/9 (Entreprise et Finance), Sophie Ribstein, Pretoria

Deux entreprises sud-africaines créent un appareil multifonction à bas coûts qui pourrait commencer ses vols d’essais en 2012.
« Il n’y a aucun appareil de ce type sur le marché », lance fièrement le directeur d’Aerosud, Paul Potgieter. L’Ahrlac (Advanced High-Performance Reconnaissance Light Aircraft), qui doit combiner les caractéristiques d’un avion de surveillance, d’un hélicoptère d’attaque voire d’un drone, doit être mis en service fin 2012, début 2013. Le premier vol est prévu mi-2012. Paramount et Aerosud, deux entreprises de premier plan dans l’industrie aéronautique et de la défense en Afrique du Sud, veulent se positionner sur un marché de niche. Objectif : créer un avion multifonction à bas coûts, opérationnel tant pour des usages militaires que civils. Capable d’accueillir deux pilotes et de voler jusqu’à 11 heures d’affilée, l’avion léger peut être équipé entre autres de canons de 20 mm. « D’après ses caractéristiques, c’est un très bon appareil pour opérer des missions d’observation, de reconnaissance et d’intelligence, mais je ne le vois pas vraiment dans des zones de combat. Il peut être vulnérable, analyse Anton Kruger, spécialiste de la défense à l’Institut d’études de sécurité à Pretoria. Et d’ajouter : « Les Sud-Africains se sont certainement inspirés du Firebird américain, cet appareil du groupe Northrop Grumman, un VPO (« optionally piloted vehicle ») ou véhicule de mise à l’essai ; c’est vrai que, pour l’instant, aucun autre constructeur n’a dévoilé des projets de ce genre. »

Selon les constructeurs, le prix de l’Ahrlac doit avoisiner les 10 millions de dollars. « Si effectivement, c’est le cas, il peut intéresser les pays émergents, l’Asie, l’Europe de l’Est, l’Afrique ou l’Amérique latine », affirme Anton Kruger. Paramount et Aerosud affirment être en contact avec plusieurs clients potentiels sans préciser lesquels. « Traditionnellement, nous avons toujours construit des véhicules de combats terrestres. Nous envisageons donc de vendre notre avion avec d’autres engins au sol pour qu’ensemble ils forment un lot complémentaire », explique le PDG de Paramount, Ivor Ichikowitz.

Avec l’Ahrlac, Paramount et Aerosud rêvent de redonner ses lettres de noblesse à l’industrie aéronautique sud-africaine. Pendant l’apartheid, le pays sous embargo avait mis au point un arsenal performant pour résister aux sanctions imposées par les Nations unies et mener des combats en Namibie ou en Angola. Mais depuis 1994, les budgets de la Défense n’ont cessé d’être réduits. L’industrie a périclité, avec à la clé, une fuite des cerveaux et des meilleurs ingénieurs à l’étranger.

Jusqu’ici, seuls les hélicoptères d’attaque Roivaalk (Armscor Defence Institutes) ont été entièrement conçus en Afrique du Sud dans les années 1980. L’Ahrlac doit donc devenir le premier avion militaire imaginé, réalisé et fabriqué sur le continent. Pour développer et certifier l’appareil, les deux constructeurs ont déboursé 200 millions de dollars. « Ce nouvel avion doit nous permettre de prouver que nous avons sur le continent africain toutes les compétences nécessaires pour mettre au point des technologies de pointe, se réjouit Paul Potgieter d’Aerosud. Il s’agit aussi dans l’avenir de former une nouvelle génération de spécialistes de l’aéronautique. »

 

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