L’après Bourgi c’est BHL : la France-Afrique sous Sarkozy

Sarkozy avait philosophé sur le mouvement cyclique de la pensée africaine à l’université de Dakar et voici qu’il retombe dans le même cycle de la France-Afrique qui tire l’Afrique vers le bas en enrichissant la France.

S’il y a un seul Français qui croit que la présence française en Libye est liée au pétrole libyen, nous aimerions lui dire que cela est le soubassement de la France-Afrique, les richesses africaines. C’est pourquoi, nous proposons quelques pistes qui mènent à l’idée que ce qui se passe en Libye n’est rien d’autre que cette France Afrique dont il est question ici.

En effet sans nous arrêter sur le supposé humanisme mais vachement pharisaïque de BHL en Libye, nous avons tous découvert ces révélations sur le fait que la France détiendrait 35% du pétrole libyen si le CNT venait à s’imposer définitivement, le prix de la peau du serpent avant même qu’il soit tué. La France et l’OTAN ont donc voulu le départ de Kadhafi pour mieux exploiter la Libye. Or, heureusement que l’habit ne fait pas le moine, c’est un certain BHL qui a été choisi comme nouveau porteur de valises économico-humanitariste par le régime Sarkozy qui est le grand soutien du CNT.

Comme vous pouvez le constater dans de tels cas de figures, l’Etat est bafoué à travers la mise à l’écart de la diplomatie. Pour preuves, BHL est devenu l’homme de confiance du président Sarkozy tandis que son ministre des affaires étrangères est réduit à faire de la propagande pour donner le change devant une question où il est totalement isolé.

De tels hommes de confiances font légions et peuvent être au service de différents régimes. Sauf que pour avoir fanfaronné sur la France-Afrique, le président Sarkozy qui a par ailleurs reçu Bongo en premier (avant tous les autres présidents du monde) après son élection se contenta de changer les hommes mais pas les vieilles recettes qui enrichissent ces messieurs de la France-Afrique et appauvrissent les Africains.

Bourgi est un (Libano)-Sénégalo-Français, « un tirailleur sénégalais en cravate », tandis que BHL est un (Israélo)-Algéro-Français, « un harki » (pour s’inspirer de l’histoire). Ils sont tous deux des « Leuco-africains » qui peuvent servir la France-Afrique. Et Sarkozy a préféré du sang neuf d’autant plus que Bourgi, le « tirailleur sénégalais en cravate » avait servi sous Villepin devenu adversaire au sein de la droite semi-décomplexée (par rapport à l’ancienne extrême droite du père Lepen) et potentiel candidat à la présidence. Sarkozy a appris certainement que les « tirailleurs sénégalais » sont aussi une « garde noire » au service des sultans du Sahara à l’image du guide libyen ; c’est certainement une raison en plus pour ne pas hésiter entre une « garde noire » et un « harki » transformé en humaniste.

Mais notre « harki » est aussi un négrier moderne. Du Sénégal à la Côte d’Ivoire, il est allé expliquer aux mercenaires en cravates que le chef de l’Etat de la France « néocoloniale » avait besoin de leur soutien pour réclamer le départ de Kadhafi. Ce soutien était bien évidemment échangé contre une « pérennité » au pouvoir, c’est ainsi qu’on fabrique des « dictateurs en Afrique » surtout quand on transplante un nouveau président comme cela s’est passé un 11 avril 2011 en Côte d’Ivoire.

Il est bien vrai qu’Alassane Ouattara est un président de la France Afrique qui devrait certainement être très généreux pour le candidat qui lui a octroyé le fauteuil de président de la Côte d’Ivoire de Gbagbo. Les révélations disent d’ailleurs que ce dernier aurait lui aussi aidé le président Chirac à faire campagne en 2002 contre le PS et Lepen (père).

Mais nous connaissons la suite, il n’y a jamais eu de reconnaissance du régime français de l’époque envers Gbagbo même s’il allait par ailleurs devenir le président Africain par lequel le hasard a voulu que la France Afrique se transforme en un grand déballage avec un goût d’échec annoncé en Libye avec le choix de Kadhafi de résister contrairement à Gbagbo qui voulait devenir un Martin Luther King ou autres Gandhi.

Dans le scénario de la chute de Kadhafi et Gbagbo, Bourgi apparaît comme un contre-scénariste panafricain qui voudrait une autre fin à ces chefs africains. La manière de faire de Sarkozy est humiliante pour l’Afrique et pour une certaine élite qui pendant très longtemps a préféré faire du lobbying pour sauver les postes des présidents africains en disgrâce selon le changement des régimes en France. Bourgi a certainement voulu que cela se passe autrement pour Gbagbo et Kadhafi mais peine perdue, le duo BHL et Wade a été plus efficace devant Sarkozy.

En outre, la chute de Bourgi qui fait désormais sa confession sauf qu’il n’est pas devant un prêtre, la chute de Bourgi n’est pas la fin de la France-Afrique. Il suffit de savoir que son échec à maintenir Gbagbo et Kadhafi a vu l’émergence des Wade et autres BHL qui ont plaidé la cause d’Ouattara/Soro et le CNT. La France-Afrique ne se résume pas uniquement à l’Afrique de l’Ouest, c’est seul les adeptes de la facilité qui préféreraient se limiter à cette caricature en occultant le fait que les régimes de l’Afrique du Nord sont des soutiens inconditionnels de la France-Afrique.

Et d’ailleurs, le fils Kadhafi ne nous avait-il pas annoncé que la Libye avait financé la campagne de Sarkozy. Cela aussi c’est de la France-Afrique comme le CNT, cette rébellion aujourd’hui mise à l’avant comme cela se fit en Côte d’Ivoire, qui en réalité agit pour la France et l’occident.

Il nous semble en effet, qu’on le veuille ou pas, que le CNT est une forme achevée de la France-Afrique ; quand des élites africaines, ces « mercenaires en cravates », « tirailleurs sénégalais » des temps modernes sont utilisés pour entraver les institutions africaines et défendre les intérêts de l’impérialisme qui ruse avec les principes de l’humanisme.

Ainsi, si vous croyez chers amis que BHL aime les libyens plus que Kadhafi, et qu’il aurait pu être meilleur leader libyen que ce dernier, cela n’engage que vous. Pour nous, il a juste réussi à devenir en un rien de temps, un extraordinaire porteur de valises qui a éjecté au second plan Bourgi, il n’hésitera pas à monter les Sénégalais (la famille Wade) contre Bourgi pour le mettre à terre une bonne fois pour toute. Les lévi connaissent très bien l’Afrique!

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