Casamance, un conflit « oublié » qui mine le Sénégal depuis 30 ans

J’ai vu ce titre d’une dépêche AFP, le « baromètre » français de la démocratie mondiale…. !?

« La Casamance, un conflit « oublié » qui mine le Sénégal depuis 30 ans  » [ou « Le Sénégal, un conflit « oublié » qui mine la Casamance depuis 30 ans » ? ] J’avoue que je n’ai pas aimé le titre d’où ce jeu des titres.

Maintenant que vous avez parlé de la Casamance en égrenant un chapelet de faits qui ne vont pas au fond de la question posée, What next ?

Si M. Sarkozy veut s’intéresser à la Casamance qu’il sache une chose, les Casamançais ont la culture la plus disposée à la civilisation de la possession individualiste en ce sens – pour l’exemple – qu’elle n’accepte pas les institutions hiérarchiques avec des percepteurs d’impôts illégaux qui exploitent ceux qui travaillent durement pour réussir ( c’est ainsi que les choses sont vues – ce qui ne veut pas dire qu’il y absence de solidarité).

En plus, culturellement, seul le « DROIT » est chef. On n’aime pas là bas, les chefs… d’États, de Partis politiques, sauf quand il faut aller faire la guerre. Et pour le reste, chacun mène sa vie librement comme il peut en respectant les cadres de gestion sociale précis  (et avant-gardistes même) qui chapeautent l’activité économique et chacun reste seul responsable de ses actes.

Voyez-vous depuis plus de 30 ans – au moins 60 ans– que le mouvement existe, et en parlant des impôts, jamais il n’a été question d’enrichissement illicite à travers les perceptions d’impôts tous azimuts à l’image des « grands seigneurs de guerre » de Côte d’Ivoire. Et d’ailleurs, l’article semble plutôt incriminer le système étatique sénégalais dont certains serviteurs usent du conflit pour leur propre compte.

En outre, si la France veut ouvrir (une nouvelle fois) le dossier du conflit Casamançais – en espérant que ce soit de manière positive comme nous en avons eu les impressions sous l’ambassadeur André Lewin par exemple -, qu’elle étudie très bien la question en allant vers les chercheurs qui regardent sérieusement le problème et qu’elle évite surtout d’écouter les dilettantes nationalistes Sénégalais au service d’un principe vaseux quand il s’agit de la Casamance, celui de l’indivisibilité de la République.

Il sera – à notre avis – impossible de rééditer ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire dans le Pays Ajamaat. C’est-à-dire armer Abdoulaye Wade pour combattre le MFDC. Abdoulaye Wade qui, dès son arrivée au pouvoir en 2000; avait demandé des armes à la France semble de plus en plus écouté quand on considère que l’armée sénégalaise est devenue le dépotoir de vieilles carcasses de matériaux requinqués de l’armée française.

Une chose est certaine, il va polluer le Sénégal. Mais pour le reste, il se leurre pathétiquement !

Les Casamançais sont juste à l’image des Bretons !!!

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ZIGUINCHOR (Sénégal) — Le conflit « oublié » de Casamance, apparu en 1982, peine à trouver une solution après avoir ruiné l’économie de cette région du sud du Sénégal et fait des milliers de morts, malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion, signés et aussitôt caducs.

« Tout le monde est fatigué de ce conflit. Il y a un manque de volonté politique pour le résoudre. Certains, qui sont impliqués dans les négociations, s’en servent pour faire fortune ou comme tremplin politique », affirme un médiateur entre le gouvernement sénégalais et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion indépendantiste).

La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, a connu ces derniers mois une recrudescence des violences, avec des affrontements entre l’armée et les rebelles.

Le conflit a fait des milliers de victimes civiles et militaires depuis 1982, mais aucun bilan précis n’est disponible. « Nous avons perdu plus d’une dizaine d’hommes depuis décembre », reconnaît une source militaire à Ziguinchor.

Tout commence le 26 décembre 1982 dans cette ville, la principale de Casamance, par une répression d’une manifestation du MFDC qui fait des morts.

Quelques jours plus tard, des éléments du MFDC créent « Atika », la branche armée du mouvement rebelle.

Le MFDC dénonce la « confiscation des terres des autochtones au profit de populations du nord du Sénégal et d’hôteliers, les brimades de l’administration sénégalaise et le mépris culturel » contre les Casamançais.

« On est aujourd’hui dans une situation de ni guerre, ni paix, malgré la volonté de paix affichée par les parties belligérantes », affirme Ibrahima Kâ, un responsable d’ONG à Ziguinchor.

« C’est l’accalmie depuis deux mois. L’armée a renforcé sa présence » près de la frontière gambienne où la plupart des attaques ont eu lieu depuis décembre, note un responsable militaire à Ziguinchor.

Dakar a rompu en février ses relations diplomatiques avec l’Iran qu’il a accusé d’avoir livré des armes aux rebelles indépendantistes.

Le gouvernement sénégalais et le MFDC disent aujourd’hui être disposés à des négociations de paix. Les dernières se sont tenues à Foundiougne (centre du Sénégal) en février 2005, après des accords de paix signés notamment en 1991 à Cacheu (Guinée-Bissau) et à Ziguinchor en décembre 2004.

Des assises internes pour réunifier une rébellion divisée en plusieurs factions civiles et militaires ont été plusieurs fois annoncées et repoussées.

Les divisions du mouvement qui se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 de son leader historique, l’abbé Diamacoune Senghor, rendent d’autant plus difficiles ces négociations, selon les observateurs.

« Le marasme économique est général. La crise a découragé beaucoup d’investisseurs », affirme Pascal Ehemba, président de la chambre de commerce de Ziguinchor. « Le taux de remplissage des hôtels dans la région de Ziguinchor est de 15 à 20% », selon M. Ehemba.

Le tourisme, une des principales activités, souffre aussi de l’enclavement de la région qui s’est accentué depuis l’arrêt en avril 2009 d’Air Sénégal International (ASI), qui était une propriété de l’Etat du Sénégal et de la Royal Air Maroc (RAM).

Les mines antipersonnel, qui ont officiellement fait 776 victimes depuis le début du conflit, empêchent les agriculteurs d’aller dans les rizières et vergers de cette région dotée de fortes potentialités productives.

Des milliers de personnes fuyant la guerre se sont réfugiées en Guinée-Bissau et en Gambie. Des milliers d’autres se sont déplacées.

« En 30 ans, on a fait du surplace. L’armée n’a pas été vaincue et n’a pas vaincu le MFDC », résume Oumar Diatta, auteur d’un livre sur le conflit casamançais.

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