Du racisme au crime contre l’Humanité: Quand la civilisation « occidentale » ravive l’art de sa barbarie originelle ?

Africains, Hitler et l’Hitlérisme qui s’ignore n’est-il pas de retour ?

Lisons et relisons le Discours sur le colonialisme du noble Césaire. « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde » (A. Césaire)…
A moins qu’elle soit une pseudo-civilisation qui expérimente de manière biaisée des principes d’emprunts.

C’est un fait, la civilisation « occidentale » n’échappe pas à la logique de son imaginaire primaire. Pour elle, la genèse du monde et de l’humanité serait liée au chaotique, à l’immensurable abîme. La pensée européenne traîne ainsi la tare conceptuelle de l’univers qui ne serait que violence, l’horreur vide, l’anéantissement où surgirait mystérieusement le merveilleux.

Une fois dépassé ce qui apparaît comme mysticisme, un  (petit ou grand) survol de l’histoire de l’Occident au contact avec d’autres civilisations permet de voir de manière factuelle que le désir de détruire l’autre, qu’inhumanité et crime contre souveraineté des autres peuples différents est l’entreprise dans laquelle excelle la civilisation « européenne » : la barbarie !

D’où la question, une telle civilisation peut-elle se réclamer ferment  de l’humanisme et de la démocratie ?

Le doute s’impose quand on sait que :

Jadis, au nom de cette civilisation « supérieure » l’occident implanta en Afrique l’entreprise de la traite négrière, introduisit comme marchandise des armes et de la pacotille dans le marché africain, y imposa des lançados et autres tangomaos chasseurs de « Nègres-marchandises » par excellence et créateurs de royaumes dominés par des « Blancs » (« Tubabodagas ») ou par leurs intermédiaires « Rois-nègres » dont le pouvoir dépendait de l’humeur de ceux qui établirent pour eux leurs trônes.

Le fusil, une marchandise symbole de l’évolution de la barbarie technique qui n’avait qu’une valeur funeste, était mis en location contre le versement d’une caution de pépites d’or. Tandis que la location était honorée en « Négresses, Négrilles, Nègres et Négrillons » ; d’abord exposés comme un bétail dans des captiveries et ensuite jetés dans les cales de bateaux négriers autre instrument de cette barbarie puis transportés vers de nouvelles terres.

C’est ainsi que du Cap Blanc au point le plus éloigné du continent par rapport à l’Europe, l’occident forma les desseins de sa vénalité en édifiant le système atlantique qui avait toutes les caractéristiques de l’inhumanité.

Naguère, sous la colonisation, l’ère des travaux forcés, de l’engagement dans les forces militaires coloniales pour la domination locale et les guerres destructrices intra-européennes du seul 20 siècle; après la destruction totale des institutions socio-économico-politiques africaines ; après que le mythe de « l’homme blanc » fut dépecé – qu’il n’était pas plus humain que son esclave, qu’il  avait les commissions dans les filets devant l’ennemi, qu’il usait de talismans pour dompter sa peur panique –…

Après que les « Nègres » sous « l’identité d’homme à titre posthume » (L.S. Senghor) de « Tirailleurs Sénégalais » aient pour une énième fois fait la guerre pour libérer leurs maîtres, ils purent repartir dans leurs pays avec des pseudo-indépendances non sans avoir été divisés idéologiquement entre travaillistes, gaullistes, communistes, socialistes, démocrates, libéraux et quoi encore …!?

Ainsi assimilés, occidentalisés jusqu’aux comportements les plus ridicules, l’Europe pouvait alors se prévaloir d’avoir donné l’indépendance à ses « mercenaires noirs » en cravates.

Et pire encore, cela après avoir subtilement distillé dans leurs écoles les sciences racialistes, la philosophie de l’évolution selon laquelle l’homme descendrait du singe, que le Nègre n’était qu’un autre lointain cousin de l’espèce type humano-occidental et que son entrée dans l’histoire était soumise aux règles de l’énigmatique secret de l’évolution du mammifère plantigrade.

Et conséquemment, c’est avec une conscience aliénée qu’allait naître des « Républiques bananières » dans les anciennes colonies. Des « nations-états » entre les mains de grands singes juchés sur les ressources premières du continent qu’ils surveillaient pour le compte de leurs maîtres et employeurs occidentaux.

La démocratie était alors devenu un label pour les primates les plus licencieux qui ont été armés pour accéder au pouvoir en marchant le « rire banania » sur les cadavres de leurs propres frères . La preuve, il n’y a pas de brutes plus cupides que Blaise Compaoré, Idriss Déby, le tandem ‘Général’ Soro Guillaume – Alassane Ouattara… la liste de ce dispositif de la barbarie occidentale en Afrique est longue.

Or, jusqu’à une période très récente, il était facile de faire une nauséabonde propagande contre l’Afrique qui serait la lie de la barbarie, Le Cœur des Ténèbres. Cela s’appelle alors faire de la négrologie. Il était simple de venir semer des coups d’Etat et de disparaître dans la nature en laissant accuser les Africains et leur sauvagerie…. L’Afrique se meurt sous les munitions made in Abobo, si cela ne fait pas rire!?

L’évidence, c’est que de nos jours les gorilles corrompus ne sont pas légion. La supercherie se dévoile au grand jour dans le ciel d’Abidjan. L’occident comme jadis durant la traite atlantique, s’est donné comme devoir de légitimer de fallacieuses rébellions, des révolutions factices qui permettent de maquiller le crime contre la souveraineté des pays africains en droit d’ingérence. La civilisation occidentale se donne ainsi le droit de tuer, de mettre en captivité des chefs d’Etats, d’humains tout court dans des pays souverains.

Le même droit qu’elle s’était jadis octroyée pour perpétrer plus de 400 ans de chasse à l’homme transformé en marchandise humaine est aujourd’hui utilisé pour imposer la « démocrasserie canonnière » en Afrique.

Depuis les temps, l’Afrique ne cesse d’être assommée à coup de systèmes occidentaux inhumains dans leurs natures qui occasionnèrent, nous le répétons, la déportation vers d’autres cieux de dizaines de millions d’hommes qui furent éloignés de la vue de leurs proches, leurs carcasses humaines refusées à leurs parents, parfois abandonnées à la sentence du monde aquatique ou sous le sol « rougi du sang des blanches hosties » (L.S.Senghor).

Tel est le salaire de l’Afrique.

Et pourtant, il a fallu un Plan Marshall pour remettre l’Europe en marche après qu’elle ait entrainé le monde dans sa totalité dans une énième barbarie. Qu’est-ce que l’Afrique eut après plus de quatre siècles d’exploitation ?

Nada, nothing, rien, dara
Mais voici que l’histoire du rapport entre l’occident et l’Afrique continue de germer dans la malhonnêteté. Car l’Europe au nom du refus de la repentance n’a jamais accepté et n’a jamais réfléchi sur son crime originel contre l’Afrique.

N’ayant jamais eu le courage de regarder en face son passé, elle ne peut que reproduire sa barbarie, ses vieilles passions que galvaudent les nationalismes les plus xénophobes. C’est ainsi que l’on peut comprendre son action criminelle en Libye, en Côte d’Ivoire et ailleurs. Et l’on ferme les yeux encore une énième fois !

L’Europe, et nous insistons la dessus, perpétue le sous-développement sur un continent qu’elle continue de piller en usant les mêmes prétextes sur l’exemplarité de sa civilisation, de son humanisme, de sa démocratie, avec autant de pharisaïsme que de crimes commis contre les souverainetés des peuples africains au nom d’une idéologie moribonde qui transforme la barbarie en art génétiquement culturicide, génocidaire, tout simplement inhumain….

Que personne ne vous trompe Africains, il faut être convaincu que sa civilisation est supérieure aux autres pour tenir le discours de Dakar; la hiérarchie des cultures, des ethnies, des races s’appelle du racisme…

Nous devons tous être fiers de nos civilisations, mais quand on les utilise pour aller faire la guerre et les imposer aux autres, nous tombons dans les travers de la hiérarchie des cultures, dans les faiblesses du racisme.

C’est donc le racisme qui explique des actions « civilisatrices, de démocrasseries » comme celles que nous voyons en Côte d’Ivoire depuis 2004.

C’est aussi et encore le racisme qui explique les « Croisades » menées contre la Libye de Khadaffi poumon économique et idéologique de l’Unité Africaine.

Ne vous étonnez pas que le racisme sera désormais dédouané en occident, qu’on tendra plus à accepter ouvertement les stéréotypes sur « l’homme noir et l’arabe » en se justifiant après avec de fallacieux prétextes.
Chacun ira faire sa « petite guerre civilisatrice » dans l’entreprise privée ou publique; on pourra parler sournoisement de l’autre parce que tout simplement différent aussi bien sur la place publique, au marché, comme dans les instances du sport Européen, pardi !

Comment peut-on vous expliquer par exemple que l’Espagne puisse être la référence footballistique de l’entraîneur de France qui se permet de faire des comparaisons inexcusables et « toute la France de Sarkozy » lui apporte son soutien ?

Quid du corporatisme chromatique qu’il obtient de certains footballeurs qui tirent vers le bas la grave question posée avec des pseudo-révélations de racisme de « photos entre Blacks », révélations ridicules si ce n’est de la délation malsaine et inintelligente ?

Restons un instant dans le terrain du football qui se veut Fair-Play, lutter contre tous les racismes.

En quoi la formation espagnole serait-elle meilleure que celle allemande par exemple parce que les joueurs y seraient plus petits que les Allemands…ou plutôt pourquoi ne pas tout simplement comparer les « Blacks » de l’équipe de France avec les « Blancs » de l’équipe allemande ? L’équipe espagnole est-elle meilleure que l’équipe de France 1998 ? Les Espagnols sont-ils condamnés à faire la promotion de petits joueurs et pas de « Blacks » surtout afin de rester la meilleure référence de cet entraineur?

La vérité est là, la mentalité raciste et racialiste a gagné les esprits comme du temps de la traite négrière et du colonialisme quand toute l’Europe baignait dans le relativisme moral.

Le discours de Dakar y est grandement pour quelque chose, c’est devenu la « nouvelle Bible » du racisme européen de ce 21e siècle car ayant réussi à réchauffer la pensée occidentale magistralement illustrée par Hegel.

Et nous ne devons pas accepter de subir une énième insulte sans réagir face à ce qui se passe en Côte d’Ivoire, en Libye, en Afrique tout court qui nous rappelle que:

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet-Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent […] Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du xxe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonnepas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

Vive Mme Simone et M. Laurent Gbagbo et vive la résistance en Côte d’Ivoire,
Vive la révolution burkinabé pour le départ de Blaise Compaoré,
A bas les régimes clients comme celui d’bdoulaye Wade du Sénégal qui doit partir tout simplement,
Vive toutes les révolutions qui tendent à mettre fin à ces régimes clients en Afrique,
Vive l’indépendance totale de l’Afrique et la fin de la présence militaire française sur le sol Africain…

p.s: En souvenir de la date commémorative de l’esclavage, nous disons merci à Madame Taubira pour son combat !

Akan cHb

Update: Pour le 11 mai

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