« Wade l’artificieux » a-t-il peur que les élites sénégalaises s’inspirent de « Ado le drame ivoirien »?

Il y aurait donc des « Sénégalais d’adoption » membres de l’opposition contre le pouvoir de « Wade l’artificieux », comme il y aurait à la FAO des non – Africains qui décident pour l’Afrique ?

Voyons, c’est bien le même individu qui disait à propos du 11 avril 2011, que c’est « eux » qui étaient derrière le coup d’Etat français contre Laurent Gbagbo. Ces quelques faits pour vous dire qu’il mérite bien son nom de « Wade l’artificieux ».

Si le président Sénégalais n’a pas quelques idées cachées sur la sénégalité, on aimerait bien savoir qu’est-ce que cette nouvelle manie à faire la différenciation des individus selon leurs origines signifie ?

C’est assez intéressant par ailleurs de voir qu’Abdoulaye Wade s’attaque à des Sénégalais (comme des non – Africains qui décident pour l’Afrique). On va relever d’abord sa manie à s’en prendre indirectement au directeur de la FAO :

« La Fao est inutile, sauf dans la lutte antiacridienne. Qu’est ce que la Fao a fait dans la Goana ? Qu’est ce qu’elle a fait ?

Question sans réponse car pour le président sénégalais :

« Je dis qu’on peut se passer de la Fao. C’est une grosse machine qui est à Rome qui emploie énormément de travailleurs dont la plupart d’ailleurs ne sont pas des Africains », notre homme insiste, « la Fao dépensait jusqu’à 70% de son budget au fonctionnement à payer du personnel. Je me suis évertué en disant que ce n’est pas normal. On n’a pas besoin de ça. Qu’on prouve l’efficacité de la Fao ! ».

Comme le relève un chef de parti politique, ancien ministre de l’agriculture du Sénégal, en l’occurrence Robert Sagna, même si « Wade l’artificieux » s’en prenait (surtout) à l’institution, entre les lignes « on ne voit véritablement pas pourquoi cet acharnement contre notre compatriote Jacques Diouf».

Mais, ce débat ouvert dans la semaine du 16/22 avril 2011 (quelques jours après la captivité digne de la période esclavagiste de Laurent Gbagbo par la France ) était-il encore chaud que Wade engage un nouveau la semaine suivante en s’en prenant à un autre Sénégalais qu’il soupçonne d’avoir rédigé pour l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) un rapport très critique sur son pays.

Pour l’homme fort du Sénégal, la méthode de travail de l’OCDE, qui consiste à établir des pré-rapports et les soumettre aux pays, est bonne :

« Mais, le pré-rapport doit être étudié avec beaucoup de soin avant d’être diffusé. Je dis cela parce qu’on y trouve parfois des erreurs qui sont énormes ».

Une fois cela dit, « Wade l’artificieux » se permet alors d’offrir des exemples d’études toutes aussi « remplies d’erreurs ». Il nous révèle ainsi :

« Il y a quelques années, l’OCDE et la BAD (Banque africaine de développement] avaient publié un rapport sur le Sénégal. C’était particulièrement négatif. […] Comme je suis très curieux, j’ai cherché à savoir qui l’avait rédigé. Et, il était rédigé par M. Albert Bourgi, un Sénégalais d’adoption mais membre de l’opposition sénégalaise ».

Fait intéressant, en citant messieurs Albert Bourgi et (indirectement) Jacques Diouf, le président Sénégalais laisse supposer l’existence d’une élite sénégalaise basée à l’extérieur et qui aurait des ambitions politiques. D’où certainement leur tendance selon l’accusation, à dire du mal de son régime pour le compte des puissances occidentales…

Ironique non?

Nous sommes tentés de le voir ainsi.
Car « Wade l’artificieux » avec un degré de sénilité et de cynisme avéré ajoute que ces organismes ou plus précisément la seconde « est parfois très politique » dans ses pré-rapports. Et étant très  « particulièrement impliquée dans le fonctionnement de nos pays » elle devrait donc se concentrer de faire son travail « seulement dans leur développement ».

Oui, ironique quand on se souvient que suite à la captivité de Laurent Gbagbo, et au terrorisme français en Côte d’Ivoire (comme en Libye par ailleurs), Abdoulaye Wade comme nous le rappelions était celui qui annonçait à qui voulait l’entendre qu’il se félicitait de la chute de Gbagbo.

« C’est une très bonne chose. À l’avenir, aucun chef d’Etat africain ne pourra plus s’aviser de refuser le verdict des urnes. Si l’on avait accepté le maintien de Laurent Gbagbo au pouvoir, ce n’était plus la peine d’organiser des élections en Afrique. » On apprend ainsi que « l’UA a entériné notre décision. Chacun d’entre nous, les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest, avons appelé ceux de nos homologues africains avec lesquels nous avons les meilleures relations, pour les convaincre. Puis l’Union africaine a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a donné mission à la France de détruire les armes lourdes de Gbagbo. La décision vient donc de nous, les Africains. Le président du Bénin [Yayi Boni, NDLR], celui du Nigeria [Goodluck Jonathan, NDLR] et moi-même avons été informés d’heure en heure par les autorités françaises. »

Détruire les armes lourdes d’une armée loyaliste devant des armées de miliciens et de seigneurs de guerre qui attaquent… Cela fait rire quand on sait que le Sénégal a une rébellion de plus de 30 ans fruit d’une indépendance mal acquise.
L’ONU et l’UA ne sont-elles pas mieux placées pour résoudre la question casamançaise qui est liée à une problématique de souveraineté et non d’une crise politico-politicienne?

En d’autres termes, au-delà de ce prétexte qui ne convainc personne, le propos est de lui retourner la question à savoir si c’est le rôle de l’UA et de l’ONU de se mêler des questions politiques à l’intérieur d’un pays souverain ? Est-ce le rôle de ces structures de choisir qui est le vainqueur d’une élection dans un pays africain comme la Côte d’Ivoire?

En outre, pour avoir pris une décision aussi irresponsable, c’est-à-dire choisir qui est bon pour la Côte d’Ivoire, pourquoi « Wade l’artificieux » s’en prend-t-il alors à ses propres compatriotes qui ont juste proposé à des institutions internationales une analyse sur un pays qu’ils aiment, le Sénégal ?

Le problème de Wade on le sait, c’est qu’il a un égo hypertrophié. Il croit savoir qu’après lui, c’est le déluge au Sénégal. En Afrique, il aime apparaître comme étant le plus démocratiquement élu, aussi fait-il de la politique de mercenariat sur le plan international dans la seule perspective de bénéficier du cachet « élu démocratiquement ».

C’est une diplomatie de gloriole en soutenant le coup d’Etat du 11 avril 2011; une manière d’obtenir auprès de la fameuse communauté internationale carte blanche pour organiser des élections truquées d’avance au Sénégal… Il suffit de voir comment sont réélus les présidents qu’il mentionne dans son propos pour le savoir, à plus de 80%.

Mais il se trompe largement, car d’ici là, les choses évolueront radicalement et on ne laissera pas la France de Sarkozy nous dicter sa démocratie de « rois nègres » au service de l’impérialisme.

La lutte continue,

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