CCSA- Du Machiavel en Côte d’Ivoire: Si Ouattara était certain de sa victoire pourquoi ne pas accepter le recomptage?

Ouattara a justement refusé de recentrer le problème en acceptant le recomptage comme gestion du contentieux électoral, préférant l’option militaire parce qu’il savait qu’il n’avait pas gagné démocratiquement comme il le prétendait.

Quels étaient ses arguments et de ceux de ses partisans :

«  la C.E.I. -qui pour eux se résument au président Youssouf Bakayoko – m’a désigné vainqueur, la communauté internationale me reconnaît, le monde entier est contre Gbagbo et veut attaquer militairement, donc j’ai gagné ! etc… »

Jugeons-nous même du pitoyable raisonnement d’un ancien directeur adjoint du FMI ? Ce raisonnement répond à quelle question ? Répond t-il à la question de savoir si la majorité du peuple ivoirien l’a élu ?

Quand même, n’est-ce pas suspect que quelqu’un qui dit avoir gagné clairement des élections avec toutes les alliances politiques de circonstance qu’on lui reconnaît refuse le recomptage des votes ?

Non, c’était évident, que la majorité de tous ceux qui sont intervenus dans cette crise post-électorale ne recherchaient pas la vérité, la démocratie dans ces élections ; cela a été trop clair que c’est directement la tête de Gbagbo qu’on voulait.

Gbagbo était immaîtrisable, dérangeait et inquiétait sérieusement. C’est pour cela qu’on ne l’a jamais laissé gouverner. Il fallait vraiment qu’il parte. Et par tous les moyens. Toute idée ou toute manipulation médiatique qui pouvait aller dans ce sens était bonne à prendre. Les diables ont fait jouer leur lugubre génie.

Gbagbo est même allé jusqu’à être accusé d’assassin, de ne pas être un grand homme d’état soucieux du peuple. Il y a une attitude qui nous a toujours intrigué de la part de ces grands hommes d’états européens, américains, onusiens et panafricains qui révèle le deux poids-deux mesures dans leur intervention et leur manque de souci de régler pacifiquement ce contentieux post-électoral et de protéger les civils.

Ils ont toujours dit, tour à tour, c’est du moins leurs propos en substance :

«  Si Gbagbo a encore le sens de l’État, s’il aime la Côte d’Ivoire, il faut qu’il quitte le pouvoir pour que des centaines d’Ivoiriens cessent de se faire tuer ».

Mais ils n’ont jamais dit :

« Si Ouattara a encore, le sens de l’état, s’il aime la Côte d’Ivoire, il faut qu’il laisse le pouvoir ou accepte au moins le recomptage des voix pour que ces forces rebelles cessent de s’entre-tuer avec des centaines d’Ivoiriens ».

Jamais ils ne l’ont dit. Le satan était tout désigné : Gbagbo, qu’il fallait abattre à tout prix.

Ils ont tout fait pour désolidariser les millions d’Ivoiriens et d’Ivoiriennes qui étaient derrière Gbagbo en lui collant l’origine de l’instabilité politique qui gangrène la Côte d’Ivoire depuis Septembre 2002, en poussant les Ivoiriens à incarner dans leur psycologie que si le pays est divisé, que si l’économie stagne et régresse faisant ainsi progresser la misère, que si l’eau, l’électricité, les médicaments, la nourriture… manquent, que si les problèmes sanitaires et les crises humanitaires persistent et que les Ivoiriens et les Ivoiriennes s’entretuent dans un climat d’insécurité permanent, c’est à cause de Gbagbo.

Une manière insidieuse de leur signifier clairement que tant que vous soutiendrez et psychologiquement et ouvertement Gbagbo, nous vous empêcherons de vivre normalement, nous ne lèverons pas l’asphyxie économique, nous ne mettrons pas fin à l’insécurité.

Conséquence : même les Ivoiriens qui continuaient ou qui continuent de croire aux idées de Gbagbo, qui savaient que la raison était de son côté ont été contraints d’accepter l’impuissance de Gbagbo face aux coalitions diplomatiques et économiques pour se tourner vers Ouattara ne serait-ce que pour survivre ou pour que les Ivoiriennes et les Ivoiriens qu’ils ne supportaient plus de voir agoniser cessent de mourir. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre à notre avis les prises de position des personnalités artistiques comme Alpha Blondy.

Mais il faut très vite préciser que si l’on doit reconnaître énormément de manquements à Gbagbo, le climat socio-politique extrêmement difficile dans lequel suffoque la Côte d’Ivoire depuis Septembre 2002 n’est nullement en grande partie de sa faute.

Ce climat de misère est le résultat d’une promesse faite par Ouattara en Août 2002, période à laquelle il avait promis de rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable tant qu’il ne sera pas président.

Même promesse d’instabilité qu’il avait faite à Bédié en Septembre 1999 et accomplie par le coup d’état du général Gueï en Décembre 1999.

Gbagbo a résisté jusqu’au bout. Il est resté fidèle à ses idées, les mêmes idées qui nous ont tous poussé à l’admirer et l’aimer. Il n’a pas fui en exil comme est venu le lui proposer Thabo Mbéki lors de la première médiation en Janvier 2011.

Il n’a pas mis à l’abri, à l’étranger sa famille comme beaucoup de ses collègues et généraux dissidents l’ont fait. Il n’a rien signé, rien trahi. Sans se soucier des vulgaires menaces du corrompu et ancien prisonnier d’Alain Juppé.

Non. Quand les forces républicaines et les forces françaises ont enfin pénétré dans le palais présidentiel, ils l’ont trouvé dans son bureau assis entrain de travailler. C’est héroïque !

Ce n’est qu’après qu’ils l’ont conduit dans sa chambre à coucher où nous avons vu ces images d’un soldat lui mettant sa chemise.

Que doivent faire tous ces millions d’ivoiriens qui ont soutenu, qui soutiennent toujours Gbagbo ? Empêcher Ouattara de gouverner ?

Non. Qu’ils le laissent gouverner pour ne pas être accusé de son autodestruction imminente. Ouattara porte, déjà par la manière dont il est enfin arrivé, au pouvoir la propre malédiction de son règne.

L’offensive diplomatique et militaire française préparée pendant des mois avec les Nations-Unies  a été bien trop claire dans ses intentions, chasser tout  particulièrement Gbagbo qui n’a jamais caché ses intentions de ne pas s’aligner dans les réseaux d’intérêts « franc-maçonnafriques » auxquels appartiennent de nombreux  chefs africains – et il est bien trop visible de mensonges médiatiques et bien trop lourd de maladresses pour que le règne de Ouattara se passe bien.

Remarquons que tout ce que touche Nicolas Sarkozy, tout ce qui absorbe son énergie, retient son attention finit par échouer ou par mourir une fois né !

Oui, triompher dans le sang, par des rebelles entretenus par des parrains étrangers, en violant les lois et institutions d’un pays ne permet pas de gouverner sereinement. Le temps de payer les dettes à ses soutiens-rebelles et parrains de longue date est venu.

Et un bien qui a toujours été obtenu par l’illégalité et illicitement crée toujours des frustrations au moment de son partage et devient conflictogène. Et de plus, la dette du diable ne finit jamais. Il renchérit toujours.

Tenons-nous tranquilles, si vous voulez, nous faisons un pari : le divorce entre Ouattara d’une part et Soro et les rebelles d’autre part c’est pour bientôt, lorsque les premiers mandats d’arrêt international seront émis.

Il faudra bien qu’il lâche entre les mains du « Roi-président de la république de la Cour pénale internationale », « son excellence-majesté » Luis Moreno Ocampo quelques chefs rebelles, les comzones (Shérif Ousmane, Commandant Watao, Zakaria peut-être Ibrahim Coulibaly dit IB…) qui se sont rendus coupables de massacres et qui le soutiennent depuis 2002.

Oui, il n’est pas exclu que Ouattara se retrouve entrain d’affronter des chefs rebelles et leurs troupes ou peut-être Soro lui-même quand il devra remanier la défense ou quand Soro se verra refuser l’intervention de Ouattara auprès de ses réseaux dans la « communauté internationale » pour que le mandat d’arrêt émis contre un comzone, ami de Soro, soit annulé.

Car Soro lui-même se sentira menacé. L’autre menace de rébellion pourra venir de la récompense que Ouattara devra accorder à un autre comzone, Ibrahim Coulibaly qui a ses troupes rebelles différentes de celles de Soro.

à suivre…
-Comment Ouattara va satisfaire ses trois soutiens: Les deux ailes rebelles et l’opposant père de l’ivoirité version années 90, Bédié ?

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