Abdou Diouf, ex-serviteur colonial, actuel défenseur de la colonisation positive retrouve son habit de portefaix !

Abdou Diouf a toujours été dans l’abîme infranchissable de l’homme éloigné de son peuple, le peuple africain. On se rappelle qu’à la veille de la sanction électorale du peuple sénégalais en 2000, le président sortant dans un baroud d’honneur pour sauver les meubles de sa carrière politique annonçait naïvement et béatement qu’il ne savait pas qu’au Sénégal le lait en poudre se vendait en détail dans de petits sachets.

En effet, même pour leur petit déjeuner, la grande majorité des Sénégalais devaient se contenter d’une petite cuillerée de poudre de lait vendu à prix d’or, qu’ils versaient dans un grand verre d’eau chaude avec une inique quantité de sucre devenu une denrée de luxe; et la question de saveur ne relevait que d’un grand exercice de représentation mentale.

Nous n’allons pas étaler ici les conditions extrêmes dans lesquelles les Sénégalais vivaient sous le règne d’Abdou Diouf et auprès desquels il n’était point le plus aimé.

Abdou Diouf a toujours été loin du peuple Sénégalais et s’il est resté si longtemps au pouvoir, c’est parce qu’il a su compter sur les institutions républicaines comme le Conseil Constitutionnel.

En 2000, son parti était vidé d’une bonne partie de ses cadres soucieux de l’avenir du pays ont décidé d’aller remplir les rangs de l’opposition et avec eux les leviers d’une alternance politique au Sénégal.

Nous avions beaucoup de déférence pour cet homme qui aujourd’hui semble nous renvoyer l’équation de la valeur de ce respect teinté de pitié. Et nous aurions aimé qu’il se taise comme il l’avait promis au Sénégalais quand on l’invitait à se prononcer sur la politique nationale.

Mais non, monsieur Abdou Diouf est incapable de s’imposer le silence, cette même mesure de sagesse, quand il s’agit de la Côte d’Ivoire :

« Je demande que le Conseil de sécurité prennent ses responsabilités pour que force reste à la légalité internationale et à la loi nationale qui a élu Alassane Ouattara. Nous sommes dans une impasse politique parce que du point de vue juridique et légal, les choses sont claires: M. Ouattara a gagné les élections et l’Union africaine vient encore de le dire »

Qu’est ce qu’Abdou Diouf entend par « légalité internationale et loi nationale qui a élu Alassane Ouattara »? Comment explique-t-il que des forces rebelles combattent l’armée régulière qui ne fait que respecter les institutions ivoiriennes et qu’Alassane Ouattara profère des menaces en s’appuyant sur les manœuvres de cette rébellion ?

Venant d’un ancien président du Sénégal où il y a une rébellion et une armée républicaine, ce propos peut paraître inexplicable.

C’est bien un pur jeu de mots quand Abdou Diouf soutient en plus qu’il parle sur un « point de vue juridique et légal » quand il occulte le fait que la Côte d’Ivoire a un Conseil Constitutionnel.

Mais le côté absurde de son propos c’est le fait qu’il semble oublier l’histoire de son parcours politique. A moins qu’il s’invente une nouvelle autobiographie politique, nous savons que depuis qu’on lui a offert le poste de président intérimaire de la République du Sénégal en 1981, Abdou Diouf a toujours été contesté au sein du parti de Senghor et ses douteuses victoires électorales l’ont été toutes autant.

Et pourtant, « sur le point juridique et légal » c’était d’abord la Cour Suprême et plus tard le Conseil Constitutionnel qui firent de lui le président imposé du Sénégal.

Faut-il encore rappeler à notre tout nouveau justicier et légaliste spécialiste des élections ivoiriennes, monsieur Abdou Diouf, que son élection en 1993 avait causé la mort du Vice-président du Conseil Constitutionnel, mort qui a été précédée de la démission du Président de ce même Conseil ?

L’actuel Secrétaire Général de l’OIF qui n’avait pas hésité à mettre aux arrêts son opposant historique, l’actuel président du Sénégal, Monsieur Abdoulaye Wade, a-t-il été choisi par des instances internationales au détriment du Conseil Constitutionnel ?

Le peuple Sénégalais était-il entré en rébellion contre les nombreuses décisions arbitraires, quand une élite change la constitution pour se choisir un président par intérim et quand un Conseil Constitutionnel pour le bon fonctionnement des institutions sénégalaises décide de donner la victoire à Monsieur Abdou Diouf en 1993?

Enfin, Monsieur Diouf a-t-il confondu la Côte d’Ivoire à l’histoire du parti unique de Houphouët Boigny qui sur le plan de l’expérience démocratique et institutionnelle n’a pas suivi le même processus que le Sénégal de Léopold S. Senghor ?

Il existe autant de questions qui nous interpellent sur la position contradictoire par rapport à l’expérience sénégalaise et la logique absurde d’Abdou Diouf. On aurait aimé qu’il soit plus sage en reconnaissant la nécessité de laisser les Ivoiriens marcher à leur rythme vers la démocratie. Ce qui ne pourra se faire qu’en respectant les institutions ivoiriennes.

Abdou Diouf agit par simple corporatisme. Il vient au secours de ses amis de la présidence française qui sont dans le flottement diplomatique sur tous les plans et en toute inconséquence. Et il ne joue en réalité que le rôle du dernier des « serviteurs coloniaux », celui du portefaix qui souhaite l’assassinat de ses frères africains pour des raisons politiques.

Assassinat du président du Conseil Constitutionnel de la Côte d’Ivoire, voilà le message subliminal qu’Abdou Diouf lance à la rébellion ivoirienne. Donner les moyens à la rébellion pro-Ouattara de contester la re-configuration du Conseil Constitutionnel dans une Côte d’Ivoire en crise politique… !?

Ce n’est là qu’une hypothétique vision des choses à travers la sortie d’Abdou Diouf qui tombe dans le piège néo-colonial au risque d’être celui qui va porter l’entière responsabilité des conséquences futures de la crise ivoirienne .

Mais, le Secrétaire général de l’OIF doit se remémorer ce que disait le président démissionnaire du Conseil Constitutionnel du Sénégal en 1993 quand s’était posée à lui la question de soit violer la loi, soit refuser de mettre une entrave quasi illimitée au fonctionnement des institutions sénégalaise.

Abdou Diouf doit surtout se demander : Et si le Conseil Constitutionnel Ivoirien avait à choisir une voie salvatrice comme le Conseil Constitutionnel Sénégalais en 1993 ?

p.s: Ce post était précédemment apparu sous le titre: « Sous l’éclairage mortel de la destinée de Laurent Gbagbo apparaît Abdou Diouf comme l’épitomé de l’absurdité africaine« 

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