Télévision Côte d’Ivoire (TCI): ondes macabres de la communauté internationale?

J’essaie de répondre à une interrogation qui ne cesse de m’habiter. La Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) étant devenue entièrement pro-Gbagbo, la Radio Onuci qui porte – croyez-moi – le nom de « Radio de la Paix », fut transformée en organe Pro-Ouattara.

Une erreur très grave par ce choix clair de partialité de la part de l’ONU et on se demande alors si l’Onuci a encore sa place en Côte d’Ivoire quand elle devient tout simplement un instrument de propagande politique. Et dans la foulée, la même communauté internationale sous-couvert de l’ONU fournit à Ouattara une télévision pour occuper le champ stratégique de l’affrontement, la propagande médiatique pour monter les ivoiriens les uns contre les autres. Et demain, on viendra nous dire qui doit aller au TPI.

Dès lors, ne faut-il pas dire NON à ce que j’appelle la « Télévision des Collines Ivoiriennes » (TCI) qui est là pour servir la fameuse « Révolution Finale » du Président international de l’Hôtel du Golf ? La supposée communauté internationale ne devrait-elle pas elle aussi se préparer à assumer ses responsabilités en cas de génocide en CI?

Avec les idées de soudards du chef suprême et de son premier ministre, ministre des « Forces Nouvelles », j’ai nommé Alassane Ouattara et Guillaume Soro ; face aux forces dociles, les nouveaux « Tirailleurs Ouest Africains » du Président Sarkozy qui veulent tous une solution finale contre Gbagbo, nous devons être très vigilants et dire non à la nouvelle Télévision Côte d’Ivoire (TCI) qui rime avec « Télévision  des Milles Collines Ivoiriennes ».

Elle est loin d’être une télévision de la paix. Pire, on a le sentiment que l’histoire se répète; quand les Africains essaient de trouver des solutions internes à leurs problèmes, les croque-morts capitalistes n’hésitent pas à fournir les machines nécessaires pour embellir à leurs yeux le tableau macabre de l’Afrique. Car, comme ce qui se passa au Rwanda, voici que du matériel fabriqué pour amasser des capitaux et augmenter la pauvreté, (« la télévision étant devenu l’opium du peuple »), est entre les mains de l’élite de la République de l’Hôtel du Golf.

Cette nouvelle télévision donne la parole à la rébellion qui se vente d’avoir tué les soldats de la République. Quant à la fameuse communauté internationale, elle ferme les yeux. L’ONU étant devenue une fabrique de président à travers ses Commissions Electorales Indépendantes  comme celle de la Côte d’Ivoire, voit dans la TCI un moyen de lancer un appel a maxima pour qu’Alassane Ouattara apparaisse comme l’homme fort de la Côte d’Ivoire. En lui donnant les moyens de faire sa propagande notre chère communauté internationale absout encore une fois les crimes de la rébellion pro-Ouattara qui trouve là un outil fatal pour faire impunément son décompte morbide en traumatisant les Ivoiriens pour les pousser à aller dans son camp. C’est la dernière trouvaille pour le combat ultime de portée internationale contre Laurent Gbagbo, combat qui a commencé depuis 2002.

Dès lors, il devient urgent de rappeler aux citoyens du monde que nous avons eu la même situation au Rwanda, ce qui avait abouti à un génocide. En 1993, en pleine recherche de solutions pour résoudre la crise rwandaise entre le Président Juvénal Habyarimana et le Front Patriotique Rwandais, une radio communautaire la « Radio Télévision Libre des Mille Collines » fut autorisée à émettre. Ses programmes sont indépendants des programmes de la Radio de la République et ne semblait pas œuvrer pour la facilitation des pourparlers de paix alors que nous étions au milieu d’une situation incertaine.

La création de cette radio a été soutenue par le président Habyarimana et les chasseurs de capitaux en Afrique. C’est à l’image d’Alassane Ouattara qui non content que la communauté internationale reconnaisse le fait qu’il est président de la Côte d’Ivoire, installe aussi sa télévision indépendante. Au Rwanda, le gouvernement avait fini par reconnaitre que c’était une radio qui faisait une propagande dangereuse. Les choses se vérifièrent en 1994 suite à la mort de Habyarimana, quand la fameuse RTLM se lança dans une accusation généralisée des Tutsi qui sont confondus sans exception à la rébellion. Il était alors question d’aller à la guerre finale pour exterminer ces derniers. Le même discours que l’on retrouve chez Alassane Ouattara et Guillaume Soro.

En effet que préconisent le président de l’internationale onusienne Alassane Ouattara et son premier ministre Guillaume Soro ?

Leur vocabulaire est assez évocateur. Il s’agit pour eux « d’extirper » Gbagbo avec une force militaire. C’est d’ailleurs assez intéressant de constater qu’ils ont commencé à appliquer leur stratégie face à la réticence des présidents africains qui ont pris connaissance du dossier.

Ainsi, arrivé à Dakar le 16 février pour y rencontrer son bon marabout d’Afrique, l’autre « tirailleur sénégalais », j’ai nommé Abdoulaye Wade qui lui fournit de bons gris gris qui lui portent bonheur jusque là ; Guillaume Soro promet une révolution la semaine suivante. C’est-à-dire, celle du lundi 21 février qui doit voir l’arrivée des membres du Panel de l’Union Africaine pour trouver une solution à la crise.

Mais pour quelle raison faut-il appeler à faire une révolution dans la capitale alors qu’il y a des responsables de pays frères en Côte d’Ivoire qui ont pour mission de trouver une solution ? N’est-ce pas un procédé de sabotage déjà entamé ?

En effet, le premier ministre et ministre des forces nouvelles d’Alassane Ouattara est convaincu que l’Union Africaine n’apportera aucune solution qui puisse l’avantager. Et pour se faire, il accuse son adversaire d’en être le problème. Mais, ne faut-il pas désormais laisser le Panel faire son propre jugement ?

Non, le premier ministre et ministre des forces nouvelles d’Alassane Ouattara, prépare une révolution convaincu qu’il est, que seule la force va faire partir Laurent Gbagbo. Et pour cela, ils sont déterminés et bien armés pour le faire, comme il le dit. Ainsi, voilà donc exposé les contours de la révolution du premier ministre et ministre des forces nouvelles d’Alassane Ouattara, lancer sa milice dans les rues d’Abidjan et faire croire que c’est un soulèvement du peuple ivoirien.

Chaque jour, ils viennent faire le décompte de leur action macabre dans leur fameuse TCI et soutienne qu’ils ont à leur côté une armée en défection. Et la communauté internationale ne s’émeut pas, car participant à cette tuerie en favorisant l’installation d’une Télévision spécialiste dans la mise en scène du Coagulum des Ivoiriens.

Chaque jour, on tue en Côte d’Ivoire sous la complicité de cette fameuse communauté internationale qui ne va pas nous faire croire que cette TCI et les armes qui circulent aux mains de la milice des Ex-Forces Nouvelles (on s’étonne pourquoi on nous parle d’Ex-rebelles justement parce que, Ouattara est devenu président de l’Hôtel du Golf) seraient tombées là tout azimut. Dès lors, il faut mettre sur la table l’interrogation sur la possibilité d’amener les représentants des Nations Unis au TPI !?

Pour finir, il est et il faut le souligner très dangereux que Wade soit celui qui promulgue des conseils à Guillaume Soro. A-t-il oublié que c’est une simple marche pacifique en Casamance qui a fini par installer une rébellion dans la sous-région avec la Gambie et la Guinée-Bissau? Wade a-t-il imaginé un seul instant sur le fait que la rébellion en Casamance menée par le MFDC (même multiplié par  x) est 100 fois plus noble que la mascarade d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro ?

Or, les différents gouvernements du Sénégal ont réussi jusque là à refuser que la question Casamance soit traitée sur le plan international. N’est-il pas alors incompréhensible de voir qu’il est le parrain de la rébellion des « Forces Nouvelles » de Soro et Ouattara dont il participa à l’internationalisation sur le plan sous-régional et ce depuis le début de la crise ivoirienne. Il est peut-être temps de lui signaler que quand la crise ivoirienne sera réglée, lui et le Sénégal seront la cible suivante de l’histoire en court (Nous y reviendrons…).

L’Afrique est en marche en s’inspirant de son histoire et pas de confusion possible telle qu’on l’entend chez nos pauvres dilettantes africanistes, les derniers de la Colonie !

P.s: La pire désinformation se trouve aussi dans la presse internationale à l’image de l’AFP qui parle de quartier pro-Ouattara où les habitants s’insurgeraient contre les forces républicaines. On se croirait aux USA où cela va de soit que chaque américain ait une arme. Mais dans le cas de la Côte d’Ivoire, il faut dire que les « rebelles des forces nouvelles pro-ouattara » se sont constitués en milices dans les villes ivoiriennes avec des armes fournies par qui l’ont sait!

Alea jacta est….

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3 commentaires pour Télévision Côte d’Ivoire (TCI): ondes macabres de la communauté internationale?

  1. Akan cHb dit :

    La presse internationale nous dit que les pro-Gbagbo auraient recruté des mercenaires libériens et autres milices pour semer la peur en CI selon les sources des pro-Ouattara et autres observateurs internationaux…

    Une fois cela dit, la presse peut alors occulter le fait que les Forces Nouvelles qui ne cessent de changer de noms et en vain pour pouvoir apparaître comme une armée ivoirienne persécutent les réfugiés libériens…

    Témoignage recueilli par Amnesty International :

    Après la marche du 16 décembre 2011, des sympathisants du Rhdp s’en sont pris à des réfugiés libériens vivant à Abidjan depuis plusieurs années ou décennies qu’ils ont accusés d’être des « mercenaires » engagés par les Forces loyales à Laurent Gbagbo. Un des réfugiés a dit à Amnesty international : « Le 17 décembre, vers 19 heures, cinq personnes sont entrées dans notre cour commune et ont demandé les ‘Jeunes Libériens’. Ils m’ont tiré hors de ma chambre, m’ont battu avec un bâton et m’ont accusé d’être un mercenaire. Je les ai suppliés de me laisser et leur ai dit que je vivais en Côte d’Ivoire depuis vingt ans après avoir perdu mes parents dans le conflit libérien. J’ai perdu ma maison et j’ai besoin de protection»

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